ACTE I, SCCNE I
Air : De quoi voies plaignez-vous ?
Le chef des musulmans Vous choisit pour son beau-père.
Votre fille a vingt ans Ne perdez point de tems.
Elle va devenir mère D’une douzaine d’infans.
Jarni ! laissez-la faire De petits Solimans.
ACHMET
Effectivement ; ma sœur peut-elle avoir une destinée plus glorieuse ?
AMULAKI.
Je sais qu’elle ne peut jamais aspirer à un plus grand honneur ; mais je ne la verrai plus.
Air : Pour passer doucement la vie.
Mon fils, je suis un tendre père ;
J’affectionne voire sœur.
M’ôter une fille si chère,
C’est vouloir m’arracher le cœu".
PIERROT
Air : Je n’sçaurois. . j'en mourrois...
C’est avoir trop de tendresse.
Entre nous, vous avez tort.
AMULAKI.
Je conviens de ma faiblesse.
ACHMET
Faites sur vous un effort.
AMULAKI.
Je n’sçaurois.
PIERROT
Satisfaites Sa Hautesse.
ACHMET ET ALMANZINE.
J’en mourrois.
ACHMET
Air : Comment faire ?
Ali ! puisqu’il y va de vos jours,
Que, pour en prolonger le cours,
Ma sœur vous est si nécessaire,
Gardez-la !
AMULAKI.
J’ai beau le vouloir,
Si le sultan la veut avoir,
Gomment faire ?
ACHMET
Air : Pour faire honneur à la noce.
Seigneur, la chose est aisée.
Il ne faut plus vous attrister.
Vous n’avez qu’à lui présenter UmuAttalide supposée.
PIERROT
Oui, la chose est fort aisée.
Cessez de vous déconl'orter.
AMULAKI.
Mais où trouver dans le moment une fille qui puisse justifier le portrait que je lui ai fait de votre sœur ?
C’est ce qui 11e doit point vous embarrasser. Nous avons, à deux pas d'ici, le fameux Usbeck, marchand d’esclaves. Nous trouverons chez lui ce qu’il nous faut.
PIERROT
Je crois que oui.
Air : Commère , j’ai un bon mari.
C’est la perle des marchands, (bis.)
Des seigneurs les plus friands,