ACTE 1, SCÈNE XI
• PIERROT
Vous lui avez tant vanté les perfections de cette esclave, ses yeux fripons, son air gaillard, que, tout d’un coup, il l’a choisie et arrêtée.
ACHMET, transporte.
Que m’apprends-tu, mon ami ?
PIERROT
Je savois bien que cette nouvelle vous feroit grand
plaisir.
ACHMET
Am : Renonce à ta folle envie .
Ali ! que mon âme est ravie De cet heureux incident,
Mon enfant.
PIERROT
Au sultan, de votre mie*
On ne fera point présent.
Par la vertu, tu, tu, tu, tu, tu de ma vie, Il n’en croquera que d’une dent.
AdHMET.
Gomment donc. Pierrot, tu as pénétré mes sentiment secrets ?
Pierrot.
Dh, pardi î Cela étoit bien difficile à deviner 1
ACHMET
fte perdons point de tems. Allons de ce pas chez ie üiarcliand acheter cette aimable esclave.
PIERROT
Le bonhomme vous a prévenu. Admirez la bonté pàa ternelle. Il a arrêté Almanzine et Zélica, fune pour vous, l’autre pour le sultan.
ACHMET ET ALMANZINE.
ACHMÈT.
Aih : Non, non, il n'est point de si joli nom.
Eh quoi ? mon père lui-même D’Almànzine me fait don !
Pierrot, ma joie extrême...
PIERROT
Mais, vous vous trompez de nom...
Non, non,
I)ésab use-toi, mon garçon :
C’est Almanzine que j’aime.
PIERROT
Non, non,
C’est Zélica, c’est le trognon Que vous trouvez plus mignon.
ACHMET j alarmé.
Que dis^tu?
PIERROT
Oui. votre père vous garde Zélica, celle à qui vous avez donné la préférence, et il vient de conduire l’autre au sérail.
ACHMET, polissant un grand cri.
O Dieu 1
Air : Boucliez , naïades, vos fontaines .
Cette nouvelle m’assassine !
Pour jamais je perds Almanzine 1
PIERROT
Almanzine, vous m’étonnez.
Tantôt (je n’y puis rien comprendre),
Si vous vous en ressouvenez,
Vous en avez dit pis que pendre.