‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 285 sur 331 · ACTE i, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE i, SCÈNE XI

ACHMET

Ali! mon ami, tu connois peu l’amour et les ruses qu’il emploie pour arriver à ses fins. Si je me suis déclaré en. faveur de Zélica, c’est que je voulois engager mon père à la choisir pour le sultan.

PIERROT

Oli ! oli ! voilà donc pourquoi Almanzine vous paroissoit avoir l’air grimaud et les yeux loup-garou ! Qui diantre eût pensé que vous disiez cela par malice ?

ACHMET

Am : Il est teins que je me venge.

Quand je tenois ce langage,

Quand j’offensois ses appas,

Mon cœur, en secret, hélas !

Exploit bien cet outrage !

PIERROT

Le projet était fort bon.

Par ma foi, c’est grand dommage Que notre obstiné barbon N’ait pas gobé l’hameçon.

ACHMET

Je ne la verrai plus ! Et, pour comble de tourment, je lui ai donné sujet de croire que je la méprise. Je no puis la détromper. Elle doit bien me haïr.

Oh! je ne doute pas qu’ Almanzine ne soit cnrâgée contre vous. Mais qu’est-ce que cela fait ! Allez, consolez-vous, seigneur Achmet.

Am : Voyelles modernes.

Vous avez pour maîtresse La belle Zélica, a, a, a.

Laissez à Sa Hautesse Courlîser celle-la, a, a, a.

434 ACHMET ET ALMANZINE.

Pour en perdre la mémoire D’un peu d’eau de l’oubli,

Biribi

Il faut boire, [bis.)

ACHMET

Non, je ne pourrai jamais oublier Almanzine.

PIERROT

Ali! ah! je vois déjà revenir le grand vizir. Qu’auroit-il donc? Il paroît bien agité.

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