‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 307 sur 331 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ALMANZINE, PIERROT, SOLIMAN.

SOLIMAN

Venez, ma sultane. Je vais voùs conduire au bout de la galerie de votre appartement. Vous verrez du balcon le divertissement que j’ai ordonné. (Apercevant Pierrot.) Ah ! voilà donc la nourrice d’Attalide.

Pierrot lui fait une profonde révérence.

ALMANZINE.

Oui, seigneur. Elle vous attendoit pour vous remercier de la bonté que vous avez de la souffrir auprès de sa maîtresse.

SOLIMAN

Air : Si vous avez par hasard.

Mais, comment, cette dondon

Est fraîche comme un gardon !

Seigneur, vous voulez -rire.

SOLIMAN

Elle a fort bonne façon.

PIERROT

Gela vous plaît à dire.

Oh ! ma foi, mon tems est passé. Mais il falloit me voir, quand je donnois le téton à la fille du grand vizir.

Air : Quitte ta houlette.

J’étois grassouillette,

J’avois la peau blanchette,

460 ACHMET ET ALMANZINE.

J’étois grassouillette ;

J’étois un ortolan ;

Une tamponne,

Une friponne,

D’humeur bouffonne,

Une maman

Digne d’amuser un sultan.

SOLIMAN

Vous en avez encore de beaux restes, nourrice. (â Almanzine, en lui donnant la main,) Elle est gaillarde : elle

vous réjouira.

Nous comptons bien là-dessus.

Page 1