‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 310 sur 331 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ACHMET, ALMANZINE, un mouchoir à la main.

ACHMET

Air : L’autre nuit j’aperçus en songe.

Ali 1 que venez-vous de m’apprendre ?

Le sultan, pressé de ses feux,

Dès cette nuit veut être heureux !

ALMANZINE.

En vain, je voudrai me défendre ;

Il croira me faire sa cour,

En se livrant à son amour.

ACHMET

L’horrible conjoncture !

ALMANZINE.

Comme j’ai flatté sa passion, sa délicatesse ne se fera point un scrupule de vaincre ma résistance par la force.

ACHMET

C’en est fait ; vous allez combler ses vœux !

ALMANZINE.

Air : L’autre jour, ma Chloris .

Ce soupçon m’offense.

* Sachez que j’ai dessein,

S’il me fait violence,

De me percer le sein.

ACHMET ET ALMANZINE.

Je perdrai plutôt le jour,

Que de trahir notre amour,

ACHMET

Am : L’amour est ma maladie.

A votre dessein funeste,

Mon désespoir applaudit.

C’est le seul parti qui reste A l’amour qui nous unit.

Délivrons-nous d’esclavage ;

A Soliman faisons voir Que nous avons un courage Qui surpasse son pouvoir.

ALMANZTNE.

Air : Contre un engagement.

Quand mon cœur se promet Des jours dignes d’envie,

Faut-il donc, cher Achmet,

Que je vous sois ravie !

Dieux ! quelle tyrannie !

O sort trop inconstant !

Le bonheur de ma vie N*a duré qu’un instant.

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