ACTE III, SCÈNE III
PIERROT
Je suis Françoise, de la banlieue de Paris.
ROXANE
On dit que c’est un bon pays pour les femmes.
PIERROT
Admirable.
Am : Ouistanvoire.
Dans ce beau territoire,
Elles gouvernent tout :
i Et les hommes se font gloire
De suivre leur, ouistanvoire,
De suivre leur tire,
Lira lire,
De suivre leur goût.
ROXANE
Air : Ah! qu'il fait bon là !
Heureuses mortelles !
O pays charmant !
ARROYA.
Ce climat, des belles Est donc l’élément !
PIERROT
C’est à qui pourra leur faire^
Laire, Ion lan la,
Les yeux doux et bonne chère;
ROXANE et ARROYA ^ ensemble.
Ah ! qu’il fait bon la !
PIERROT, à Arroya.
11 ne feroit pas moins bon ici, si l’on vouloit, car je suis un... (a part, se donnant un soufflet.) Taisez-vous, Pierrot!
ROXANE
Mais les hommes de France ont la réputation d’être bien volages.
AGHMET ET ALMANZINE.
Ce n’est pas sans sujet.
Am : Ma mère, mariez-moi.
Rarement un cœur françois File l’amour plus d’un mois ;
Mais devient-il inconstant !
Sa maîtresse sait le payer comptant ;
Mais devient-il inconstant!
Sa maîtresse en fait autant.
ARROYA.
Gela est bon pour les filles ; mais je crois que les femmes n’ont pas si beau jeu.
PIERROT
Oh ! elles ont. bien d’autres franchises. Une femme jouit d’une entière liberté.
Air : Le maître fou que voilà !
Souvent on la courtise Aux yeux de son époux ;
Si le grimaud s’avise D’en paroître un peu jaloux,
Tout le monde s’écrie :
Ah 1 ah !
La plaisante manie,
Le maître fou que voilà 1
ROXANE
Air : O reguingué,' ô Ion tan la.
Pour avoir de ces bons maris,
Que ne sommes-nous à Paris?
PIERROT
O reguingué, ô Ion lan la !
Vous y seriez bien plus heureuses,
N’y fussiez-vous que procureuses.
Il n’y a pas jusqu’aux villageoises qui ne se ressentent de la bonté du terroir.