SCÈNE IX
SOLIMAN, ALI, ATTALIDE j sous les habits d’ Achmet.
SOLIMAN
Je te l’ai bien dit, Ali. Voici Aclimet. Reconnois l’injustice de tes soupçons.
Pendant que Soliman parle à Ali, Atlalide se prosterne en entrant, et le sultan ne jette les yeux sur elle que quand elle est courbée. Il lui adresse la parole :
Air : Je ne veux 'point sortir de mon caveau. Remettez-vous, bannissez la terreur ;
Heureux Achmet, que rien ne vous chagrine. Remettez-vous, bannissez la terreur ;
Je ne suis plus contre vous en fureur.
Loin de vouloir traverser votre ardeur,
Je vous fais don moi-même d’Almanzine.
Vous me devrez votre bonheur.
(Il la relève en achevant le couplet.)
ATTALIDE.
Air : Attendez , à demain au soir.
Dans l’erreur mon habit vous met.
Je ne suis point Achmet, [bis.)
Et vous voyez en moi, seigneur,
Attalide, sa sœur. [bis.)
(En môme temps, elle ôte son turban et laisse tomber scs longs cheveux
sur ses épaules.)
SOLIMAN
Dieux ! quelle est ma surprise !
ALI
En voici bien d’une autre.
SOLIMAN
Vous êtes la fille d’Amulaki !
ACHMET ET ALMANZINE.
ATTALIDE.
Elle-même... Ne me demandez pas pourquoi je suis ainsi travestie.
Air : Vous qui vous moquez par vos ris. 0
D’Achmet j’ai pris l’habillement Par ordre de mon père.
De mes habits pareillement S’est, revêtu mon frère.
De ce double déguisement,
J’ignore le mystère.
ALI, au sultan qui rêve profondément.
Eh bien, seigneur, me suis-je trompé dans mes soupçons? Vous n’en pouvez plus douter. Le vizir est l’auteur ou du moins le complice du crime de son fils. Rien ne doit plus vous parler pour eux.
SOLIMAN
Air : Le seigneur turc a raison.
Mon trouble, dans ce moment, Est inconcevable.
Quel étrange mouvement !
ALI, à part.
Leur perte est inévitable.
Ali!...
ALI. à part.
Je les tiens pour morts.
Ali!...
SOLIMAN
ALI, haut.
Suivez vos transports.
SOLIMAN, montrant Atlalide.
AH 1».» Qu’elle est aimable I