ACTE II, SCÈNE Vil
LA COMTESSE
Hé ! mais je suis une comtesse.
Je plaide contre mes parens,
A Paris, pour une tutelle.
Je suis native d’Orléans.
ARLEQUIN
Ne seriez-vous point la Pucelle?
LA COMTESSE
Oli! pour cela, non.
Air : Lanturlu.
Déjà de mon âme Yotrn œil est vainqueur.
ARLEQUIN
D’une vive flamme,
Vous brûlez mon cœur.
ARLEQUIN ET MEZZETIN, ensemble.
Sur nous deux, madame,
Votre empire est absolu.
Lanturlu, lanturlu, lanturelu.
ARLEQUIN
Air : Talalerire.
Madame, recevez l’hommage D’un jeune et tendre cavalier.
Il passe la ceinture à Mezzetin.
LA COMTESSE, à part.
Je sens que ce brunet m’engage.
A mon sort je veux le lier.
De son bonheur je vais l'instruire.
Regardant Mezzetin qui vient do prendre la ceinture, elle change tout à coup, et dit d’un air embarrassé.
Talaleri, talaleri, talalerire.
MEZZETIN
Ne dédaignez pas ma tendresse;
Belle, 'sur moi jetez les yeux.
LA COMTESSE, à part,
Oh! oh! Ce gros-ci m’intéresse Encor plus que l’autre.... Grands Dieux!
Arlequin et Mezzetin dans le moment prennent la ceinture chacun par bout, et la tiennent derrière la comtesse, sans qu’elle s’en aperçoive,
LA COMTESSE, se sentant du goût pour les deux, dit:
Dans cet embarras que leur dire?
ARLEQUIN ET MEZZETIN, riant ensemble,
Taialeri, talaleri, talalerire.
Ils continuent tous deux à papier,
Air : Ramonez- ci, ramonez^là.
Donnez-nous la préférence.
X" LA COMTESSE
Entre vous deux je balance,
Vous avez mêmes appas ;
Ramonez-ci, ramonez-là La, la, la,
La cheminée du haut en bas.
Air : Le beau berger Tircis.
Que ne prononcez-vous Entre nous deux, comtesse?
ARLEQUIN
Pour ne point faire un jaloux,
Partagez votre tendresse.
C’est ainsi, ma princesse,
Qu’on en use chez nous.