SCÈNE XI
LE GR AND-PRETRE, à part, après l’avoir regardé.
Air : O reguingué, ô Ion lan la.
Ce drôle paroît insolent.
LE COMÉDIEN, à part.
Il admire mon air galant.
Faisons bien valoir le talent.
Ici mettons en étalage Nos meilleurs airs.
(Il grimace.)
LE GRAND-PRÊTRE, à part.
Quel personnage !
LE COMÉDIEN, haut.
Sachons pour qui vous me prenez.
LE GRAND-PRÊTRE
Pour un marquis des mieux tournés,
O reguingué, ô Ion lan la.
LE COMÉDIEN
Je suis quelquefois davantage.
Vous ne m’entendez pas. je gage.
LE GRAND-I’RÊTRE.
Air : Pour passer doucement la vie.
Comment pourrois-je vous entendre ?
LE COMÉDIEN
Je suis tout, et je ne suis rien.
LE GRAND-PRÊTRE
Oh! oh! je commence à comprendre.
N’êtes-vous pas comédien?
LE TEMPLE DU DESTIN
LE COMÉDIEN
Justement.
Air : Comme un coucou que V amour presse.
Je suis un acteur de province ;
À Paris, je vais débuter.
LE GBAND-PRÊTRE, à part.
Il a la figure un peu mince,
(Haut.)
Vous allez là tout enchanter.
LE COMEDIEN, prenant du tabac dans une tabatière d’or.
Je m’en flatte.
LE GRAND-PRÊTRE
Air : Réveillez-vous , belle endormie.
Ali ! quelle riche tabatière !
LE COMEDIEN , la lui donnant à examiner.
Hé ! mais l’ouvrage en est parfait.
Gonsidérez-en la charnière.
Ce n’est pas un colifichet.
LE GRAND-PRETRE, lui rendant la tabatière.
Air : Je ne suis né ni roi, ni prince.
C’est un présent de quelque femme?
LE COMEDIEN, souriant d’un air vain.
Il me vient de certaine dame....
Un beau garçon, des mieux bâtis,
Et dont on court l’adolescence,
Ne donne pas son tems gratis.
LE GRAND-PRÊTRE
Vous voulez, du moins, qu’on le pense.