SCENE XI
LE COMEDIEN, sautant au cou du grand-prètre.
Parbleu, mon cher papa, vous avez un air qui me revient.
Air Lon lon la, derirette.
Faisons connoissance tous deux.
Le voulez-vous?
LE GRAND-PRÊTRE
Si je le veux!
Lon lon la, derirette.
Tope, soyons amis, Cinna.
(Il lui tend la main.)
LE COMÉDIEN
Lon lon la, derira.
LE GRAND-PRÊTRE
Air : Tes beaux yeux, ma Nicole.
Mais quel sujet, beau sire,
Vous amène chez nous?
Vous n’avez qu’à le dire ;
Parlez, que voulez-vous ?
LE COMÉDIEN
Que le Destin m’apprenne,
Si l’on me recevra,
Et comment, sur la scène,
On me regardera.
LE GRAND-PRÊTRE, au Destin.
Air : Comme un coucou que Vamour presse.
Destin, un jeune acteur te prie,
De déclarer s’il entrera Quelque jour dans la Compagnie,
Et si Paris l’estimera.
LE TEMPLE DU DESTIN
LE GRAND-PRETRE, s’approche du trône, et l’enthousiasme le
prenant, il dit :
Air : Les Trembleurs.
Quelle émotion subite!
Quel frémissement m’agite!
Je sens que mon cœur palpite;
Je sens tout mon corps trembler!
Que chacun ici ressente Un respect plein d’épouvante.
(Au comédien.)
On répond à ton attente :
Le Destin va te parler.
LE DESTIN
Am : O reguingué , ô Ion lan la.
Le jeune acteur on recevra,
Et dans les rôles qu’il fera,
En lui-même il s’applaudira.
Le reste est un profond mystère,
. Que je juge à propos de taire.
LE GRAND-PRETRE, au comédien.
Air : Laire la, laire lan laire.
Cette réponse vous déplaît.
LE COMÉDIEN
Oh! ma foi, malgré cet arrêt,
Papa, je suis bien sûr de plaire.
(Il s’on va.)
LE GRAND-PRETRE, se moquant de lui.
Laire la, laire lan laire.
Laire la, laire lan la.