SCÈNE Y
Madame de ROCENCOEF, Madame de LORIEUX.
MADAME DE ROCENCOEF.
Ces gens ne savent pas à qui ils ont affaire.
MADAME DE LORIEUX.
Que voulez-vous , marquise, en province ce sont de: sauvages.
(Elle va se mirer et s'arranger à droite.)
MADAME DE ROCENCOEF.
En vérité, je ne comprends pas que j'aie quitté mon château pour cette misérable succession.
MADAME DE LORIEUX, se mirant toujours.
Ni moi, mon hôtel du faubourg Saint -Germain.
MADAME DE ROCENCOEF.
Savez-vous, madame, qu'il m'a fallu renoncer à être marraine d'une cloche ?
MADAME DE LORIEUX.
Et moi, marquise, à lire ma dernière élégie dans une prande soirée littéraire.
MADAME DE ROCENCOEF.
Je devais recevoir tous les honneurs que Ton rendait tutref )is à mes nobles ancêtres.
MADAME DE LORIEDX.
On m'avait préparé une ovation.
MADAME DE ROCENCOEF.
J'aurais été encensée, madame !
MADAME DE LORIEUX.
On m'aurait couronnée, marquise !
MADAME DE ROCENCOEF.
Et renoncer à tout cela pour connaître le testament d'une dame Pâturai ! une paysanne 1
MADAME DE LORIEUX.
Sans la moindre teinture des belles-lettres!
MADAME DE ROCENCOEF.
Entrée dans notre famille malgré nous!
MADAME DE LORIEUX, arrangeant son chile.
Et qui n'a jamais su porter un cachemire!
MADAME DE ROCENCOEF, plus bas, avec intérêt.
Vous ne savez pas ce qu'elJp. a Jai^e de fortune'"
LE TESTAMENT DE MADAME PATURAL. 57 MADAME DE LORIEUX, de mfme.
On m'a assuré qu'elle était très à son aisa.
MADAME DE ROCENCOEF, de même.
Au Lit, ces gens de rien thésaurisent d'habitude; c'est nie qualité.
MADAME DE LORIEUX, de mènce.
Pour leurs héritiers 1
MADAME DE ROCENCOEF, reprenant le ton haut.
Ah! madame, quelle misère! penser qu'il faille s'abaissera recueillir une succession, moi, marquise de Rocencoef, dont les aïeux ont été alliés aux rois chevelus 1
MADAME DE LORIEUX, reprenant également ses premier ton.
C'est pourtant vrai, marquise! Croira't-on que madame de Lorieux,qui règle la mode à Paris et dont tout le monde connaît les vers inédits, se dérange pour venir recevoir une part d'héritage?
MADAME DE ROCEXCOEF.
Après cela, on doit quelque chose à ses parents.
MADAME DE LORIEUX.
Certainement on ne peut pas refuser ce qui vient
d eUX. (Plus bas à madame de Bocencoêf et en parlant plus vivement.) J eS-
père qu'elle n'aura pas eu /audace de disposer de ses biens en faveur de quelque autre l
MADAME DE ROCENCOEF.
Oh ! rjueîle idée, madame ! mais il y aurait de quoî se déshonorer !
MADAME DE LORIEUÏ.
Au fait, nous y avons toujours compté.
MADAME DE ROCENCOEF.
Pst conséquent ça nous est dû.
C'est clair, (a™* «mabiuté.) Je vois, marquise, que nous nous entendons admirablement.
MADAME DE ROCENCOEF.
C'est tout simple, entre gens de qualité.— Mais voici si je ne me trompe, l'exécutrice testamentaire.