MADAME DE R0CEXC0EF
Ah ! cette chère défunte 1
MADAME DE LORIEUX.
Je suis tout attendrie !
MADAME DE ROCENCOEF, à madame Robin, avec une majesti grotesquo.
Voyons le testament de ma cousine de Patural.
MADAME ROBIN, souriant.
Le voici, mesdames... je passe sur-le-champ aux dispositions qui vous intéressent.
MADAME DE ROCENCOEF et MADAME DE LORIEUX.
C'est cela.
(Elles se penchent toutes denx vers madame Robin pour mieux eatendre.)
MADAME ROBIN, lisant.
« Moi, veuve Patural, etc., n'ayant pu retrouver personne de ma famille pî ne pouvant enrichir mes propres parents, je me Suis décidée à enrichir ceux de mon mari. >
MADAME DE LORIEUX.
La digne femme I
MADAME DE ROCENCOEF.
C'est d'une personne de race !
MADAME r,0! IN, lisant.
Ces parents se réduisent à deux . il y a d'abord madame la marquise de Rocencoef. très-noble et très-illus-
tro dame, qui compte beaucoup moins de quartier^ que de ridicules... »
MADAME DE ROCENCOEF, qui ccoatait d'un air souriant, ehange de figure.
Plait-il?
MADAME DE LORIEUX, nast.
Ne prenez donc pas garde, c'est uue plaisanterie. Cette chère parente était pleine d'esprit, (a madame Rotin.) Continuez, de grâce.
MADAME ROBIN', continoant.
t 11 y a ensuite madame de Lorieux la Parisienne, muse très-connue dans le monde élégant et qui fait faire ses vers comme ses chapeaux... »
MADAME DE LORIEUX, changeant de visaje.
Comment? que signifie?...
MADAME DE ROCEXCOEF, riant.
Rien; la chère cousine répète ce qu'elle avait entendu dire... Avouez que c'est charmant! (a madame Robin.) Allez toujours, madame.
MADAME ROBIN, lisant.
« Toutes deux concourront au partage de ma succession à défaut de mes propres parents, mais aux conditions suivantes. »
MADAME DE ROCENCOEF et MADAME DE LORIEUX, ensemble
11 y a des conditions?
MADAME ROBIN, lisant.
t Comme je ne veux pas enrichir des gens qni mépriseraient ce que j'ai été. j'exige que mes héritières ne soient admises au parhge qu'aprè? avoir revêtu un liabit de paysanne seniL.able à celui que je portais autrefois... »
MADAME DE ROCENCOEF et MADAME DE LOR1EUX, poussant un cri.
Ah!
MADAME ROBIN, en appuyant sur les mots.
« Et après s'être montrées dans ce costume à mon exécutrice testamentaire, madame Robin, devant laquelle elles devront danser la bourrée. »
M -DAME DE ROCENCOEF et MADAME DE LORIEUX, te levmt.
Quelle atrocité!
MADAME DE ROCENCOEF.
Moi, danser la bourrée!...
MADAME DE LORIEUX.
M'habiller en paysanne!
MADAME DE ROCENCOEF.
Une descendante des rois chevelus !
MADAME D 5 LORIEUX.
Une femme qui règle la mode au faubourg Saint- Germain t
LE TESTAMENT DE MADAME PATURAL. 65 MADAME DE ROCENCOEF, à madame Robin.
Votre amie, madame, est une impertinente!
MADAME DE LORIEUX.
Nous fercûs casser le tLSîament!
MADAME ROBIN
Très-bien; mais comme lui seul vous donne des droits, vous devrez alors renoncer à l'héritage.
MADAME DE LORIEUX, à part.
C'est vrai !
MADAME DE ROCENCOEF, à part.x
Elle a raison !
MADAME ROBIN, souriant.
Au reste, vous ferez vos réflexions, mesdames. En attendant, la maison de madame Pâturai est à votre disposition. J'ai fait préparer de ce côté un appartement pour madame la marquise (eue montre ie côté gau-he); celui
de madame de LOrieUX est ici (elle monlre la première porte à
droite). Si quelque chose leur manque, elles voudront bieD sonner; Gertrude sera à leurs ordres. (eiw> fait quelques pu pour sortir, puis revient.) Chacune de ces dames trouvera chez eile un habillement complet de 011e de ba>se-cour.
MADAME DE LORIEUX, se retournant indignée.
Hein?
MADAME DE ROCENCOEF, de mèraa.
Par exemple !
(A. ddamo Robia salue et sort p=? le fond.)