‹ Théâtre de la jeunesseChapitre 3 sur 92 · FÉLICITÉ, LA MARQUISE, ROSETTE · texte numérisé non relu

FÉLICITÉ, LA MARQUISE, ROSETTE

T.A MARQUISE

Ah! quelle horreur! de la boue, des ornières!... mais on ne balaye donc jamais vos grandes routes? il n'y a donc point de police dans ce pays ?

FÉLICITÉ

Pardon, madame, nous sommes ici à la campagne.

LA MARQUISE

Mais cela n'empêche pas d'avoir des trottoirs ; à Paris, il y en a dans les lieux les plus champêtres.

FÉLICITÉ

Ah! madame arrive de Paris?... Donnez donc une chaise, Rosette. (Rosette va chercher une cha1Se.) Et madame se rend...

LA MARQUISE

Au château d'Oberstadt, un ancien marquisat que je viens d'acheter.

FÉLICITÉ

Quoi! madame serait la nouvelle propriétaire? (a rotcite, tm ippone une chaise.) Un fauteuil, Rosette, donnez un fauteuil.

(Rosette donne un fauteuil ; Félicité remonte vers la porte du fond.)

Voilà, madame la marquise.

LA MARQUISE

Fort bien, (seyant.) Ah! Dieu, que c'est dur!

ROSETTE

Dur, notre grand fauteuil ? il a été t'ait pour les malades.

LA MARQUISE

Pour les malades de votre classe, ma chère; mais

moi, je SUiS d'une Sensibilité... (Elle se retourne sur \t fauteuil.

Oii!... on n'emploie donc point les élastiques dans votre département?

ROSETTE

Pardonnez-moi, madame la marquise, pour faire des jarretières I

LA MARQUISE, étccnfo.

Des jarretières en ressorts de fauteuil! mais c'est alors un pays de sauvages.

(Elle se lève. Félicité, à q;ii Périne est venue parler du dehcre, redescend vivement vers la marquise.)

FÉLICITÉ

Ah! mon Dieu! quel contre-temps1 i

LA MARQUISE

Qu'y a-t-il?

On vient de s'apercevoir que l'avant-train de la voiture de madame la marquise est brisé.

LA MARQUISE

Brisé?

FÉLICITÉ

Madame la marquise sera forcée d'attendre qu'on l'ait réparé.

LA MARQUISE

Mais c'est impossible; il faut que j'arrive ce soir à mon château d'Ûberstadt. L'intendant est parti enavam pour préparer la réception quon doit me faire : feu d'artifice, arc de triomphe, illuminations. J'ai réglé moimême toutes les surprises; si je reste ici, tout est manqué, (a Félicité.) Déclarez au postillon que je veux partir, mademoiselle, que je le lui ordonne.

(Rosette, qui est allée à la porte du fond et qd c parlé à son tour I Périne, revient vers la marquise.)

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