I. Emma, madame Noirol, Fanchette
EMMA , embarrassée.
Oui, maman.
MADAME XOffiOL.
Voyons si vous savez la ballade que vous aviez à apprendre... ouest le volume?
EMMA
Mon Dieu! maman, c'est que...
FANCHETTE
Ça serait-il ce beau livre avec tout plein d'images que mademoiselle Emma avait emporté...
MADAME NOIROL.
Emporté?...
EMMA , TiTemenU
Oui... dans le jardin!... c'était pour montrer les gra vures à Fanchette...
(Elle fait signe à Fanchette.)
FANCHETTE
Vous l'avez laissé du côté de l'étang?
MADAME NOIROL.
Comment ! de l'étang?
EMMA
Non, elle veut dire de la pstile pièce d'eau... cest qu'elle ne connaît pas bien les noms...
FANCHETTE, riant.
Ah! dame! c'est vrai que je sais pas l'anglais, moi l je parle tout droit, à la bonne franquette.
MADAME KOIROL.
Mais enfin, le livre?
EMMA , en ayant l'air d'inventer à mesure qu'elle parle.
Eh bien! voilà... Fanchette était à regarder les gravures... au bord du vivier... je l'ai quittée un instant... et quand je suis revenue... il paraît que le vent l'avait fait glisser... et qu'il était tombé dans la pièce d'eau... N'est-ce pas comme cela que la chose est arrivée, Fanchette?
Elle lui fait des sicnes.)
FANCHETTE^ comme quelqu'un qui ne comprend ;
Piaît-il, mam'selle ?
EMMA , memeat.
Elle est toute troublée parce qu'elle a peur d'être grondée; mais je vous assure, maman, que ce n'est pas sa faute... c'est autant de la mienne... ou plutôt de celle du vent... Du reste, si vous le permettez, maman, je vous rachèterai un autre exemplaire.
MADAME KOIROL , qui regarde alternativement Fanchette et Em;.-. d'un Œil scrutateur.
Nous verrons celé... répétez toujours la ballade, je Ja saio pur c
EMMA , embarrassée.
Pardon, maman, mais quand Je livre s est perdu... je n'avais pas encore appris...
MADAME NOIROL.
C'est-à-dire que vous aviez commencé par la récréation au lieu de commencer par le travail, dans ce cas vous me redevez une heure.
EMMA
Je la remplacerai demain, maman.
MADAME NOIROL.
Non pas, sur-le-champ.
EMMA
Mais puisque je n'ai plus ie volume...
MADAME NOIROL , prenant un livre sur le guéridon.
En voici un autre; apprenez ces deux pages de Walter Scott.
EMMA
Mais, maman...
MADAME NOIROL.
C'est l'équivalent de ce que vous deviez réciter. Vous ne prétendez pas, je suppose, profiter des maladresses du vent pour vous exempter de vos devoirs... Je reviendrai tout à l'heure vous demander votre nouvelle leçon, et quoi qu'il arrive, vous ne sortirez pas avant de l'avoir récitée. Lais;ons-la,Fanchette.
(Elle Ta vers la porte à fauche.)
FANCHETTE
Oui, ma marraine. (a part.) Pauvre mam'selleEmma!... v'ià ce que c'est que d'avoir oublié le livrelà-bas sous les noisetiers... Oh! faut que je le lui retrouve... (voyant que
madame Koirol, qui s'est arrêtée à la porte à gauche lui fait signe de Tenir, ell«
.-écrie.) Oui, ma marraine, je m'en sauve avec vousl
(Elle sort à la suite de madame Noirol.