SCÈNE IV
EMMA, seule.
Elle est restée an milieu de la chambre tenant son livre à la main d'nn air boudenr.
Deux pages de "Walter Scott (eiie regarde), et c'est de la prose! est-ce qu'on peut apprendre la prose par cœur? c'est très-injuste de me remplacer ainsi des vers... D'abord Walter Scott c'est de mauvais anglais... je l'ai entendu dire à un Américain; ça me gâtera le goût. Je suis sûre que maman ne m'a donné cette longue tâche que parce qu'elle a eu quelque soupçon pour le livre. Ce que je disais pourtant aurait pu être vrai!... mais Fanchette ne m'a pas soutenue., j'avais beau la regarder, elle avait l'air tout ahurie... Ces petites paysannes n'ont pas d'imagination du tout... ça ne peut raconter que ce qui est! (Avec déd&m.) Aussi, il faut dire qu'elles n'ont pas d'éducation. — Mais c'est impossible d'apprendre ces deux pages, f y passerai le reste du jour ! J'aimerais mieux réciter deux ballades, trois ballades!... C'était bien la peine de cacher le volume... j'y ai gagné une leçon plus difficile... et impossible maintenant de
revenir sur ce que j'ai dit... puisque le livre est censé au fond de la pièce d'eau. (Avec dépit.) Il faut avouer que je suis malheureuse depuis quelque temps, rien ne me réussit... (A«e pins de dépit.) Certainement je n'apprendrai jamais ces deux pages...
(Elle ferme son livre et s'asseoit à droite.)