‹ Théâtre de la jeunesseChapitre 56 sur 92 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LES MÊMES, LA VIEILLE COUSINE; elle a quitté scn manteau et son chapeau; elle porte un costume simple maïs ■ enable, et elle est coiffée d'un bonnet,

LA VIEILLE COUSINE, tenant à la rein uns peUte cassette.

N'ayez pas peur, mes enfants; je ne viens pas pour vous déranger, au contraire... je veux vous aider...

(Elle pose la cassette sur le guéridon à droits.) CAROLINE.

Nous aider ?

URSULE

Gomment?

LA VIEILLE COUSINE

Oui; Baptiste ma raconté en route que c'était la fête de madame Langlois l...

i. Caroline 1* vieille oousic» onaki

CAROLINE, regardant autour d'elle-

Qt !

URSULE

jladarae pourrait entendre !

LA VIEILLE COUSINE

Ne craignez rien ! je savais que sa présence devait vous gêner, je viens de l'éloigner.

CAROLINE

Vous?

LA VIEILLE COUSINE

En lui demandant d'aller payer elle-même au bureau des diligences de Sèvres le prix de ma place.

CAROLINE

Alors nous sommes seules ?

LA VIEILLE COUSINE

Oui; mais vite profitons-en!... (A Ursule.) Vous, d'abord, ma bonne, retournez à vos fourneaux ; je viens de voir en passant des dispositions superbes...

URSULE

Mademoiselle est bien honnête; mais quant à ça, je puis me flatter de connaître à fond lout ce qui relève de la casserole et du four de campagne. Je réussis i ment, dans les gelées, les crèmes, les pâtisseries, et je n'ai jamais échoué que sur Vile flottante.

LA VIEILLE COUSINE. i47

LA VIEILLE COUSINE

Vile flottante ! un entremets britannique ! j'ai une recette avec laquelle on réussit toujours.

URSULE, vivement.

Est-ce bien possible, mademoiselle?

Je vais vous l'écrire, et je réponds du succès.

URSULE

Ah! mademoiselle, que de remercîments... (a Caroline.) Ceci, mademoiselle, prouve cependant de l'instruction.

CAROLINE, à part.

En cuisine.

LA VIEILLE COUSINE, qui écrit à gauche '.

Vous, ma chère Caroline, il paraît que Baptiste n'a pu vous apporter de chez votre amie ce que vous lui demandiez pour votre coiffure?

CAROLINE

Quoi ! vous savez ?

LA VIEILLE COUSINE

J'ai heureusement dans ce petit coffret quelques rangs de perles.

CAROLINE, s'approchint «7eir.ent,

Des perles !

» J a vieille eonsloe, Caroline, Ursule

LA VIEILLE COUSINE

Vous n'avez qu'à voir si cela peut vous servir... (u».

nant ce qu'elle a écrit à Ursule.) Voilà, llia liOUlie '... URSULE.

En vous remerciant, mademoiselle. Ah 1 Dieu! si je pouvais réussir!

LA VIEILLE COUSINE

C'est facile, il ne faut que de la confiance... et des œufs frais...

(Ursule sort par la droite.)

CAROLINE, qui a ourert le coffret

Àh! mais c'est un collier admirabe!

LA VIEILLE COUSINE

Il vous plaît, mon enfant?... alors il faut le garder!

CAROLINE

Que dites-vous?... Oh!... je ne voudrais pas...

LA VIEILLE COUSINE

Mais, moi, je veux... et songez qu'à une vieille pa- ' rente on doit obéissance.

CAR0LIN2

Je ne puis vous priver...

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