‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 1 sur 183 · Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] · texte numérisé non relu

Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]

Le tilre de celte pièce n'en indique qu'à demi le sujet; car, non content de mettre en scène une femme adroite qui prend à son liameçon un jeune homme novice encore, Lope montre comment ce jeune homme, formé par l'expériMiice, se fait restituer ce que Thameçon lui a pris. C'est une sorte d'ironie assez semblable à celle qui a inspiré à M. Scribe plusieurs de ses plus jolies comédies.

La plupart des caractères sont fort bien tracés , notamment ceux de Phénice, de Lucindo et de Tristan. — Phénice, la courtisane tout à la fois avide et prodigue, rusée mais sans prévoyance, et se passionnante la première vue pour une femme déguisée en homme, me semble d'une excellente observation. — Lucindo est bien le jeune négociant, disposé comme tous les jeunes gens de son âge aux folies d'amour, mais tenant à son argent, et qui ne voudrait pour rien au monde compromettre le crédit de sa maison. — Quant à Tristan, avec son sang-froid, sa prudence, sa pénétration, c'est le domestique qui a \neilli dans une maison de commerce, et à la sagesse duquel on devait confier w jeune homu.o qui fait son premier voyage. Ces caractères seuls, bien inhvidualisés , prouveraient l'erreur et la légèreté des critiques qui ont dit 43 Lope ne mettait en scène que des caractères généraux '.

On remarquera également dans cette pièce la manière dont le poète a peint les Espagnols en Italie. Ces mœurs sont d'une vérité historique. Lope les a«ait observées pendant son séjour en Il&îie (1588-1590 ), et peut-être a-t-il lui-même joué un rôle dans quelqu'uiic de ces scènes qu'il décrit si bien.

Mais ce qu'il y a surtout d'admirable dans cette comédie, c'est l'esprit. Dans aucune de ses pièces, peut-être, Lope n'en a mis autant ni d'aussi bonne qualité. Quel naturel! quelle verve l quelle exquise finesse 1 quelle galeM» aimable et facile! .Me sera-t-il permis de l'avouer : je préfère cet esprit-là aux épigrammes rénéchies de Beaumarchais ; et si quelq'i'un de mes lecteurs o'élait pas disposé à partager ce sentiment, je lui dirais, lisez Lop6 luiciême.

Tous les criti<[ues espagnols ont vanlé avant nous V Hameçon de Phénice. Dans son excellent livre intitulé Études surTEspagne, M. Louis Viar'ct '8roiji mande aussi cette pièce «l'une façon toute parliculvère.

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L'HAMEÇON Di: PIIEMCK

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