KONTOVIÎJUM
tons sur votre clf'moncc ; et nous cspérnn> iju.- \.mi> .mn/ « miliance
en nous, malgré l'excès où nous a pousses sa cruelle tyrannie.
l.E HOl.
Quelque grave qu'ail été le crime, comme il n'est pas possible d'en reconnattrc légalement les auteurs, je suis forcé de le pardonner. Puisque votre ville s'est mise sous ma protection, elle y demeurera provisoirement , jusqu'à ce qu'il se trouve quelque commandeur à qui nous puissions la transmettre. FRONnoso.
Le langage du roi est celui de la sagesse. {Au publie. ) Et ieêt li, noble assemblée, que finit Fontov^juke.
FIN DE FONIOVEJUNE.
Lope de Vega a composé sur l'antique histoire des Hébreux trois pièces ffû formaient une sorte de trilogie : 1° L' Enlèvemenl de Dina (elRobo de Dina); 20 les Travaux de Jacob (los Trabajos de Jacob); 3o la Sortie d' Egypte {]& Salida de Egipto)'. La troisième de ces pièces, ou, si l'on veut, la troisième partie de la trilogie est aujourd'hui perdue. Des deux autres, bien que la première renferme de grandes beautés, nous donnons de préférence la seconde, à cause que le sujet en est plus populaire et d'un bien plus grand intérêt.
Dans les Travaux de Jacob, Lope a dramatisé les aventures de Joseph, un des plus touchants récits de la Bible. Nous craindrions de gâter cet admirable récit en l'abrégeant. Nous renvoyons le lecteur à la Genèse, chap. xxvii et suivants.
Lope de Vega a composé son œuvre avec un art supérieur. L'exposition commence par un récit dans lequel Joseph raconte à la femme de Putiphar sa jeunesse, la haine de ses frères, la manière dont ils l'ont vendu, etc., etc.; et la pièce finit à la venue de Jacob en Egypte, lorsqu'il retrouve son fils bienaimé. Ce plan, selon nous, ne pouvait être conçu que par un grand poète.
Les personnages principaux sont bien peints, et le poète a développé avec beaucoup de sagacité et d'esprit les indications de la Bible. Le Joseph de Lope est le Joseph de la Genèse ; seulement sa piété, sa charité, son humilité, en un mot, ses vertus me semblent avoir un caractère plus chrétien. La femme de Putiphar est, comme dans la Genèse, une femme aux passions emportées, qui en déclarant son amour se sert des expressions les plus vives. Lope lui donne en même temps beaucoup d'ambition, et il a raison. Si les femmes au cœur tendre dédaignent tout ce qui n'intéresse pas leurs sonliments, il n'en est pas de même de certaines femmes hardies, violentes, qui ont une grande activité, et qui, alors surtout que viennent les années, demandent à l'ambition des consolations et des dédommagements. — Putiphar est, comme dans l'Ecriture, un excellent homme dominé par sa femme, en qui il a une confiance absolue. — Le vieux Jacob, partagé entre les regrets que lui inspire la perte de Joseph et les consolations qu'il trouve près de Benjamin, et entretenant sa vieillesse du souvenir de Rachel , est d'une vérité liistorique. — Quant à Benjamin, quoiqu'un peu farouche, il est charmant. Ce n'est pas, à mon avis, par un pur caprice d'artiste, c'est par des motifs rélléchis et très-profonds, que Lope lui fait jouer auprès de Lida le même rôle que Joseph joue auprès de Nicèle. Si je ne me trompe, il aura voulu par là faire reconnaître en eux les enfants de la même mère, et en leur donnant la même manière de sentir, annoncer la
' Le mol espajjnol trabajos revient exaclcmenl au mol latin labores, et ini il signiiie ptirus, ennuie, tourments, chagrins, douleurs, mais avec une nuance |ioëtiqiiepl noble qui ne se trouve an mêmu drgrc rlans aucune de ces expressions. C'est pourquoi nous l'avons Iradnii p ir le mot travaux, qui, dans racceptioii ordinaire, a lu mime sens et la même vah-ui. Ce n'est pas d'ailleurs la première fois que le mol travaux est employé au pluriel dans cette acception. Au dix-septième siècle, il avait aussi la s gnilication que nous lui avons donnée. Le poëto Sénecé a compoïé un [loome itililulc : les Travaux d'ApoUêrx, dans lequel il a raconté les peines, les ennuis, les chagrint d'Apollon chasse du ci«l.
' En disant que Lope a composé sur la Genèse trois pièces (|ui forment une smie de trilogie, nous ne voulons jas dire quU n'a composé que celles là. Nous avon» au<-;i df lui une pièce inlilulée l'Histoire d* Tobie, deux pièces intitulées la Beaul". de Rachel (la Hermosura de Raqucl), clc, etc.
sym;>albie toule particulière qui les entraînera l'un vers r..,.vi. i^i ('.< .Mi^ie (ois qu'ils se verront.
On trouvora dans la pièce des détails curieux, des mois fort beaux ou fort spirituels, mais qui demandent un lecteur attentif, car il y a chez Lopc une absence complète de toute charlatanorie. Je citerai, comme exemples, ces mots de Putipharà sa sortie, dans la pr»iniè.-e journée, lorsque Joseph appelle sur lui les bénédictions du ciel et qu'il îui répond, qu'il (le ciel) nous pro* tige tous deux! au moment où sa femme médite une trahism qui doit être fatale à Joseph; et ce passage de ravant-dornièro scène delà pièce, où Balo, le gracioso, après avoir annoncé à Jacob que Joseph e»t riront et qu'il est vice^ roi d'Egypte, se tourne vers les Gis du vieillard en leur disant qu'ils peuTenI r.irot.tor le reste.
Il y a plusieurs endroits où Lope n*a pas suivi scrupuleusement les indications de la Bible. On pourrait sur quelques points le justifier. Ainsi, dans la I5il)le, Joseph raconte un songe où il a vu le soleil, la lune et les étoiles qui r.idoraif'iit ; sur quoi Jacob lui dit : « Donc, moi, ta mère cl les frères nous allons t'atlorcr ? » Dans la comédie Josoph parle seulement de la lune et de onze étoiles, ce qui représente Jacob et ses fils. C'est que le narrateur sacré a oublié qu'au moment du songe de Joseph, Rachel sa mère était morte depuis long. temps, tandis que Lope s'en est souvenu.
Les mœurs, comme le lecteur s'en apercevra aisément, ne sont pas toujours d'une rigoureuse vérité. Les idées modernes, et surtout les idées des Espagnols, leurs sentiments, leurs usages, interviennent plus dune fois dans le drame biblique. Mais le grand peintre a môle et fondu tout cela avec un art admirable, et sous son habile pinceau toutes ces couleurs si diverses forment un ensemble harmonieux.
Il faut, d'ailleurs, avoir présent à l'esprit le costume sous lequel on jouait les pièces de ce genre. Voici, à mon avis, comment les principaux acteurs de la pièce étaient vêtus. — Jacob cl ses fils, à l'exception de Benjamin, étaient habillés comme les juifs du seizième et du dix-septième siècle en Espagne. Benjamin était en bçrgcr coquet : un pourpoint et un hautile-chausses de taffetas, un petit chapeau de feutre, des souliers de satin, et des rubans partout. — Joseph, au premier acte, portait par-dessus de pauvres vêtements un manteau à l'espagnole (una capa) tout usé, et dans les deux derniers actes, un costume de fantaisie assez semblable à celui que portaient sur notre ibéàlre» au dix-septième siècle, les héros de nos tragédies, Ilippolvte ou Achille. — Putiphar : un pourpoint tailladé, une cuirasse, un casque chargé de plumes, et des bottes à éperons. — Nicèle, femme de Putiphar : une robe de soie k vertugadin, et des patins de couleur rose. — Bato et Lida étaient habillés en paysans espagnols, etc., etc., etc. — Plusieurs de ces costumes sont presque indiqués par l.ope lui-môme dans le courant de la comédie, et nous oserions garantir l'exactiiude des autres d'après ce qu'il a dit à ce sujvt dans son Nouvel i>rt dramatique.
L?s Travaux de Jacob ne se trouvent point dans la liste du Pcrcgrino, et s. Mit, par conséquent, d'une date postérieure h iGOi. Prut-êtrc même eet ouvrage serait-il des dernières années de Lope. Deux choses nous porteraient à le croire : i» Il a été imprimé dans la vingt-unième partie des comédies de Lope, qui parut en I63.'i, l'année même de sa mort; i» l'exposition, au lieu de ce faire en action, selon la première manière de Lope, est en récil, et l'on a remarqué que notre poèic ne commença guère d'exposer ainsi son sujet que sous l'influence de rcxcmplc et du succès de CaUleron, lequel était fort ji-une encore en i630, lorsque Lope renoaça à travailler pour le théâtre '.
* Il avait trente an».
JOURNFJï: PUKMlERIv