‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 108 sur 183 · SOLDATS · texte numérisé non relu

SOLDATS

SIHEUX.

PUÉNICIE.

BENJAMIN

LISENO.

VKPHTAU

MUSICIENS

MICiLK.

SCÈÎSE I.

Une campagne.

Eiilreni B.\TO el LID A, qui se disputent une ceinture.

LIDA

Lâche donc , vilain sot.

BATO

Tu es bien singulière de me parler avec ce mépris.

LlDA.

Est-ce du mépris que de l'appeler sot?

■ BATO

Y a-i-il rien qui l'indique d.-.vantage ? Ciois-tu qu'il y ait dans la nature un animal qui soit au-dessous de ce que tu as dit?

UDA.

C'est toi qui le prétends ... Mais tu dois l'y connaître.

BATO

Oui , j'aimerais mieux être un lourd éléphant , un vaillant lion , un redoulahlc dragon; j'aimerais mieux avoir leur férocité; enfin» tout ce qu'on voudra, je l'aimerais mieux que d'être un sol.

UDA.

Eh bien , tu n'en es pas moins un.

BATO

Non pas, s il te plall.

LIDA

Eh quoi! y a-t-il une plus grande sottise qie d'aimer qui ne nous aime pas?

BaTO.

Au contraire, c'est marque ù'espiil. — <"a»' aimer qui nous aime % n'est que justice et raison

LIDA

Dis-moi. — Quand on aime, obéit-on?

BATO

Oui. — Aimer, c'est obéir.

LIDA

Eh bien, va-Ven.

BATO

Doucement... je m'en vaîs. Je vais me cacher derrière ce» arores.

Il se cache.

Entre BENJAMIN.

BENJAMIN

Tu auras beau fuir, je te suivrai, quand bien même tu aurais les ailes légères du vent.

LIDA

Arrête, Benjamin.

BENJAMIN

Je poursuis une chevrette que j'ai blessée.

LIDA

Elle est ici rendue, rendue à ta beauté, qu! est, elle aussi, une arme redoutable. Ne poursuis point ton autre proie. — Donne-moi ta main, cette main fraîche comme la neige, et qui doit calmer les feux qu'allume ta beauté.

BENJAMIN

Non, Lida, adieu. Laisse moi courir; sans quoi je craindrais que l'animal ne s'élançât dans la rivière, ou ne montât sur quelque rocher escarpé.

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