IDA
Reste, reste avec moi, aimable Benjamin.
DBNJAMLN.
Laisse-moi, ne sois pas importune... Je n'entends rien aux choses d'amour.
LIDi-
Eh bien , accorde-moi une seule faveur, et je serai satisfaite.
BRNJiMin.
Que veux'lu donc?
LIDA
Laifse-moi couper une boucle de tes riches cheveux.
BENJAMIN
Non pas! je craindrais qu'ils ne fussent l'objet de quelque maléfice. — Adieu, adieu, Lida.
LIDA
Je me meun.
Entre BATO.
»ATO.
Il pftralt que nous aroni toiis deux même fortune. Ab! mainie<r. gant, ingrate Lida, je connais le motif de ion indifférence.
JOURNEE II, SCr,NE I. 173
LIDA
Eh quoi! tu écoutais? Quelle trahison!... 0 ciel! je me meurs.
BATO
Je le dirai à mon maître.
LIUA.
Bato, mon cher Bato !
BATO
Non, non, je n'écoute rien. Ou tu m'aimeras, ou je parle. Il n'y a pas de milieu.
LiDA.
Eh bien, je t'aimerai.
Alors coupe sur ma tête la boucle de cheveux que tu demandais à Benjamin.... puisque c'est une faveur.
LlDA.
Je le veux bien.
BATO
Coupe, coupe vite, si tu peux.... car me» cheveux sont aussi durs que les poils d'un sanglier.
LIDA
Voici mon seigneur. Ce sera pour une autre occasion.
BATO
Tu m'attendras là bas.
Ils SOI tout.
Entrent, dun autre côté, JACOB, RUBEIN, ISSACAR et SIMÉGN. JACOB.
Ils sont cruels, ces temps de stérilité. Déjà je crains pour ma famille.
KUBEN.
La campagne n'offre qu'un triste aspect. Partout, partout la tristcssi' et le deuil. Et comment pourrait-il en être autrement lorsqu'elle ne produit plus la nourriture des hommes ?
ISSACAR
Le ciel, comme s'il était irrité contre la terre, ne sustente plus ce qu'il a créé. Plus de pâturage pour les troupeaux; plus d'herbe dans nos prairies desséchées.
JACOB
C'est grand'pitié, mes fils, de voir ces ruisseaux où l'eau déjà manque. Il est triste de voir de toutes parts la terre qui s'enlr'ouvre, comme si elle voulait par toutes ses bouches faire entendre au ciel ses iilaintes. Le bétail, qui n'a trouvé nulle pâture aux champs accoutumés, pousse, au retour, des bêlements plaintifs que répétn l'écho gémissant; et bientôt tout va périr. — Au mHieu de ces calamités, on m'a conté que tout le pays d'Egypte était dans l'abcf i- Jauce. Partez , mes fils ; allez acheter du blé, quelque chagrin que ïp doive ressentir de votre abscuco. 'ds doivent en avoir plus qu'i!
lu.
ITi LES TRAVAUX DE JACOD.
n'en faut à leurs besoins; car les rivières oui nous viennent de
là-bns en apporlent des grains.
nUBKM.
Hélas 1 bon J.icob, c'est donc là toujours la récompense de les travaux! Cependant nous ne pouvons moins faire, voyant le ciel irrité, les éléments troublés, et tous ces présages de malheur. — Nous n'osions point, seigneur, le parler d'un tel remède, alin de ne pas affliger ton cœur; mais puisque de loi est venue l'iiiée de ce voyage, comment penscs-tu, dans ta sagesse, qu'il se doive accomplir?
JACOB
Oui, il Tant que vous partiez, et puisqu'il en doit être ainsi. écoutez, fils de Jacob. — Lorsque j'avais Joseph, mon àme éiail divisée en douze parts; maintenant vous n'êtes plus que onze; les fils de Lia , Ruben , Lévi, Siméon ; les fils de Vala esclave de Rafhol , Juda, Issacar, Zabulon, Dan cl Nephtali; les fils de Celfa qui servit Lia 3, Gad et Asscr; tous ceux-là partiront. Je ne garderai avec moi que le seul Hcnjainin , puisqu'il esl désormais le seul gage qui me reste de ma bien-aimée Rachel. Depuis que son frère n'est plus, il a été ma consolation; il a été Tespérance et la joie qui a soutenu mes vieux ans. — Et maintenant parlez, mes fils, et que Dieu vous donne sa bénédiction selon qu'il l'a promise à mon aïeul Abraham, ainsi qu'à Isaac mon père. .41lez avec elle, mes fils; car Dieu a garanti l'avenir à ma race, et Dieu esl la vérité.
Il tort.
M-.nii VII.
11 s'est éloigné les yeux pleins do l;irmes.
ISSACAK.
Son cœur paternel s'est attendri.
RUBKN.
Allons, Usacar, préparons-nous pour ce voyage.
ISSACAH.
Que Bato aille chercher no '"
OCMCiMl.
SCLISL 11.
A llcm|>hit, prcs du palais.
Emrcnl MCfehE cl DELFA.
DRIPA.
On dit que le Tice-roi Ya passer.
MCÈLB.
Que vais-Je voir? Un ange dont l'aspect me récrée? ou un démoB UBpitoyable qui me consume?
' Daii* la tradticlion <li> la Bihic i\\if! nou< arnn» «on» lo* xnt U s<r>aiile «le Racbi-I •'a)>p«ll(> B Iha, ex crl|«« de Lia v nomme 7.il|>a Mai* il ppiii se faire quo la tradticlioo <Uni l;i<|Mrlle Lo(m> Umii U Gcdom «Juitoàl à cca di-ui reminea In doii» que luMstia» kur a<l<.>aii<*.
JOURNEE II, SCE.NE II. 17î^
DELFA,
Quoi! lu l'as aimé à ce point?
MCÈLE..
Il règne dans mon imagination, dans mon âme, comme au premier jour. Ce qui augmente ma peine, c'est de songer qu'un esclave qui a été à mon service soit arrivé à tant de grandeur et de pouvoir. Et quand je vois que Joseph s'est marié et qu'il a des fils d'une autre femme, mon amour se change en fureur. — Car Joseph a deux fib, Ephraim et Manassé.
ni:irA.
Se peut-il qu'après si longtemps tu te souviennes encore de lui?
NICÈLE.
Seulement plus grande est ma douleur; car l'amour entretient cette passion opiniâtre , et je suis sans espoir.
DELFA.
Le voici qui arrive. Éloignons nous.
NICÈLE.
Hélas! eussé-je pu croire que, pour augmenter mon envie, je verrais mon ancien esclave à un si haut point de grandeur!
Od entend la n3usi>|iie. — Joseph s'avance sur un cliar de triomphe. Assirisel Puliphar ▼ont à pied, chacun d'un côlë du char.- De nombreux serviteurs répandent des rimeaux et des fleurs sur son passsge.
JOSEPH
Voilà sept années entières que la volonté du ciel m'a accordé le triomplie sur mes ennemis. Voilà sept années que le roi m'a accordé sa confiance. Mais, bien qu'il m'ait donné une partie de sa gloire, comme le soleil communique à la lune sa lumière S C6 n'est point de lui qu'est venue ma prospérité. C'est Dieu qui meut à son gré toutes les choses du monde ; c'est de Dieu que viennent la vie et l'honneur; c'est Dieu qui crée et soutient le faible et le timide; c'est Dieu qui établit les rois eux-mômes; et tout ce qui arrive dans les empires a son principe en Dieu, et non pas dans les rois !
PUTIPHAR
Noble sauveur du monde, — car c'est avec justice que Pharaon a voulu que tu fusses appelé de ce nom , — grâce à toi, ce pays $e voit libre et dans l'abondance, tandis que la terre souffre là où tu n'es pas. L'Egypte te doit son salut. Sans toi, sans ta sagesse, elle aurait succombé à cette affreuse disette, et toutes choses seraient retombées dans le chaos.
JOSEPH
Qu'en rentrant au palais on donne audience aux humbles et aux aflligcs, et en ayant soin de ne point les faire attendre; et que le» biens de la t^rre, quisonl rhérila;;e de la race humaine, soient égale-
. • • £7 rey, cuyot doialos pe/.->?
Me ha dodo c9tno $' to'. los da d la tuna.
i7C LKS TRAVAUX DE JACOB.
mentdistribuésà tous les hommes pour les sustenter tous également '.
PUTIPHAR
Puisse le ciel, 6 Sauveur! augmenter te« années et ta gloire!
loteph, toiijoiii- nvxilc >iir «on char, el l- diricg.» •'éloigiieiil aux (oiii de la iniuiq»».
Qu*en dis-iu?
MCÈi-n.
Je suis étonnée de voir tant de grnnacur.