NIC&LK
Que j<» rappelle le Sauveur?
PUTIPHAR
Ne nous a-t-il point sauvés? N'est-ce point par lut que tu existes ?
MCàLB.
Pourquoi tenir ces discours flatteurs? Ici personne que moi ne l'entend ?
Elle torl.
Enlro JOSKPII.
JOSKPU.
Général, vous laisseres entrer qui voudra.
PUTIPHAR
Puissiez-vous rivre éternellement 1 iosuvn.
Levez-vous; car je n'oublie pas que vous avez été mon maître.
PUTiPUAR.
Rien ne rehausse votre grandeur comme votre prudence et votre
N'>us avons ir.idiiil mot ft mni. V <1<< m curieux (>astage! :
i«M frutot d(l .1 k$r«ncia
Queden conij" ■ uidot,
Dando tuiUnto â i^^dot tgualsntiU.
* Je tuia Teau« ci incogulio {tnemburta).
NEPIITALI.
SIMÉON
NEPHTALI
JOURNl^E II, SCÈNK II. 177
sagesse; et celui qui dans la prospérité se rappelle le modeste état où il s'est vu, remporte la plus difficile des victoires. {Â part.) Je ne me puis persuader que cet homme se soit rendu coupable d'une trahison. C'est Nicèle qui m'a inspiré une injuste jalousie.... Oh! oui, sans nul doute, il doit être innocent, car l'homme qui a des vices s'y abandonne aisément lorsqu'il a en main le pouvoir. Et puisque Joseph se conduit avec tant de vertu, c'est elle sûrement qui est coupable ; et si j'ai vu en ses mains le manteau de Joseph , c'est qu'il le lui aura jeté , comme on jette son manteau sur les yeui d'un taureau furieux qui se précipite sur vous.
Joseph s'awied.
Entrent RUBEN, NEPOTALI, ISSACAK, SIMÉON et BATO». SIMÉON.
Est-ce là le Sauveur?
On dit qu'il est ici.
Avance.
Est-ce que cela suffit ?
RUBEN
Comment le saluer?
Malgré ma rusticité, je sais qu'il faut se prosterner devant lui, à genoux , comme pour l'adorer. — Allons , avancez.
Tons «'agenonillent.
RUBEN
Aux pieds de ta grandeur, tu vois, sauveur de l'Egypte, de pauvres Hébreux qui viennent acheter de ce blé que la prévoyance, nous a-t-on dit, a conservé pour ces temps de disette. Ordonne, seigneur, ordonne par pitié qu'on nous fournisse de quoi subvenir a nos besoins dans ces temps c^lamiteux. JOSEPH, à part.
Ociel! que vois-jeî... à ciel! qui peut pénétrer tes secrets?... Suprême Providence ! ne sont-ce point là mes frères? RUBEN , à Issacar.
D'où vient son étonnement? D'où vient cet air pensif?
ISSACAR
SoH visage a changé de couleur.
NEPHTALI
Les hommes d'état, aussi bien que les hommes d'étude, sont sujets à ces sortes de distractions*.
' ici la scène est transportée dans l'inle'rieiir du palais ; mais comme il n'y «T«it nnUe pari li'inverruplion, nous n'avons pas pu indiquer te cliangement. * En lo$ hombres que goviernan
Ay este divertimienlo Como CH les hombres de htra».
JOSEPH
Hommes, d'où venez-vous?
BATO, à voix basg$. Il a dit Hommes... c'est mauvais signe*.
JOSEl'il.
D'où venez-vous, hommes?
BATO
Répondez: d'Adam et d'Èvc.
nrnRV.
Seigneur, nous sommes venus de la terre de Canaan dans C€ p»rê pour acheter du blé.
JOSEl'il, avec colère.
Je le vois, je n'en puis douter, c'est un mensonge.
BATO
Kh bien! que vous disais-jo?
JOSEPH
Cela est certain, et votre costume vous trahit... vous êtes dei mpioiis.
HLBE.N.
Ne le croyez point, seigneur; jamais nous n'ayons eu une si indigne pensée. Nous étions douze frères nés du m^me père, mais de mères différentes. Nous sommes encore onze vivants. I. 'avant-dernier est mort, et le dernier est demeuré auprès du vieillard, car il le console de la perte de l'autre. Telle est la vérité, seigii'
JOSEPH
Ainsi il vous manque un de vos frères?
BATO , à part.
Quel visage irrité!
JOSEPH
Dites, de quoi cstil mort?
nu BEN.
Un soir, comme il menait boire son troupeau dans In vallée de Mambré, une b^tc féroce la dévoré.
JOSEPH
Non, non, ce sont là de vos inventions; tous êtes dos espions. Vous veniez observer les murs, les portes de Memphis.
ISSACAR
Seigneur, nous vous avons dit la vérité.
;OSEPH.
Par la vie du roi, traîtres, vous allez élre enfermés en prison, et vous y resterez jusqu'à ce que vienne votre frère, celui que von» dites qui est demeuré là-bas et console voire père. Vous l'enverrei cncrrner par celui d'entre vous qui est le plus diligent. Les autres attendront son arrivée.
' Bu E«|agnr, quand od interpelle un iiuliTidu par le mol hombr» (bomne) I c'ett 0(w ActaireuMiui uu signe qnc l'on etl ta colcrp.
RUBEN
Seigneur...
iOSEPn.
Ne répliquez pas. La seule preuve que je puisse avoir de la vérité de vos paroles, c'est la vue de ce frère que vous dites. S'il vient, je serai convaincu; sinon, je croirai que vous m'avez trompé. (A Putiphar.) Capitaine !
PUTIPHAR
Seigneur!
JOSEPH
Faites renfermer ces hommes en prison.
RUBEN
C'est la punition de notre faute.
NEPHTALI
En effet, le sang innocent de notre frère s'est élevé contre nou».
RUBEX.
Je vous le disais bien, alors, que cette action était mauvaise.
SIMÉON
Voilà pourquoi aujourd'hui nous vient ce malheur, sans que nous l'ayons mérité.
POnPHAR,
Allons, marchez I
BATO
Remarquez, je vous prie, mon capitaine, que moi je ne suis pas de ceui qui ont été condamnés par le vice-roi.
PUÏIPIIVR.
Oui es tu donc?
BATO
Je suis celui qui a soin des bètcs.
PUTIPHAR
Eh bien, tu prendras soin de toi.
BATO, à part.
Pauvre Bato ! qui aurait cru que tu venais laisser la peau sur la terre étrangère '.
On le* emmené.
Hélas ! je ne sais quel trouble la pitié excite en moi, et je ne puis . etenir mes larmes. — Laissons-les donc couler. - Malgré la faute ,!e mes frères, et malgré ma rigueur présente, mon amitié pour eux st toujours la même dans mon cœur.
EDlrcnl niÉMCIE et LISEKC.
LISBNO.
il fiiut qu'il meure, Phénicie.
PHEXn.lK,
^' r î 'lié, lais.«e-le vivre.
lôO LES TRAVAUX DE JACOB.
JOSEPH
Qu'est ceci?
LISENO.
Grand et noble seigneur, je dcmunde justice à ta majeflé
PHLMCIE.
Moi, j'implore ta pitié, ù loi, notre sauveur!
JOSEPH, à Liscno, Es-tu son mari?
LISBNO.
Je le suis.
JOSEPH
Parle.
LISENO.
J'ai eu deux fils de Phénicie.
PU^NICIB.
Ces fils sont aussi les miens. (^ Joseph.) Daignez m'écoutei.
JOSEPH
Un moment, femme. Laisse d'abord parler ton mari, bien que ton litre de mère te rende plus pressée. — Je t'entendrai ensuite.