‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 112 sur 183 · LISE.NO · texte numérisé non relu

LISE.NO

L'atné de mes deux fils a tué le second par jalousie; il est en prisou ; je demande qu'il meure, et ma femme s'y oppose.

PHI^XICIE.

Seigneur, puisque l'un est mort, ce serait cruel de les tuer tous deux.

JOSEPH

Tu dis bien. — J'ordonne qu'on le fasse a l'instant sortir de prison ; Dieu le ch&tiera pour le sang qu'il a versé.

Pll^MClE.

Vivez, vivei mille années, noble et digne sauveur de l'Egypte I

Litt-DO et Pliéoicie torleol JOSEPH.

C'est ainsi qu'ont fait les enfants de Jacob! Entre PUTIPUAR.

PUTIPHAR

Voici que les Hébreux sont en prison.

JOSEPH

lîaDS trois jours vous les rendrez à la liberté.

PUTIPHVn.

Comtnenl avez-vous su leurs mauvais desseins 1

J'en ai eu l'avis par un certain Joscpb qui est ne dans leur pays, t qui est maintenant en Egypte.

PUTIPQAH.

Vous le connaissez donc )

JOSEPH

Fore i)Ien î

PL'TIPIIAR.

Et vous dites que je dois leur rendre la liberté?

JOSEPH

Dans trois jours. — Seulement écoutez. Avant qu'ils soient sortis de la ville, ne manquez pas d'arrêter l'un d'entre eux qui se nomme Siméon , et gardez-le jusqu'à ce que les autres soient de retour avec leur plus jeune frère. Vous leur donnerez du blé abondamment, et, a leur insu, vous remettrez leur argent dans leurs sacs. — Vous m'avez entendu?

putiphau.

Parfaitement.

Je ne saurais trop vous louer, capitaine; car vous servez avec zèle et dévouement celui qui vous a servi comme esclave.

Ils sorlent.

sllne in.

Lue campcgiie- Enircnl BENJAMIN et LIDA.

LIDA

Plus tu te montres insensible, plus augmente mon amour; comme si la rigueur ajoutait un nouveau charme à la beauté. —Ah! Benjamin, ou plutôt le plus beau et le [)Il gracieux des séraphins, comment donc, au printcnjps de ta jeunesse, peux-tu ne pas aimer? D'où vient que ton cœur est rebelle à l'amour? Ne vois tu pas que sur la montagne, dans les bois, dans les prairies, l'amour règne eu maître, et que tout est par lui animé? — Ils aiment, ces animaux sauvages, qui cependant n'ont point dànie; les palmiers aiment les palmiers, et les oiseaux chaiitciit en de douces chansons leurs amours, leurs désirs et leurs espérances... Toi seul, insensible à ma peine, lu ne sais pas aimer!

BK.VJABIIX.

Il est vrai, j'en conviens, Lid.?, je suis incapable d'aimer. S'il en était autrement, ma pensée serait d'accord avec la tienne, et lu n'aurais pas à m'ûtlrcsscr de tels reproches, d'autant que nalurelleincnt ta beauté me plaît... L'amour, j'imagine, est un sentiment; cest le désir de la beauté, qui descend dans l'âme en passant p.ir la vue. Si donc je ne m'emploie pas à te servir, c'est que les charmes que j'admire se sont arrêtés à mes yeux, et n'ont point pén'/ *é jusqu'à mon âme.

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