LISE.NO
L'atné de mes deux fils a tué le second par jalousie; il est en prisou ; je demande qu'il meure, et ma femme s'y oppose.
PHI^XICIE.
Seigneur, puisque l'un est mort, ce serait cruel de les tuer tous deux.
JOSEPH
Tu dis bien. — J'ordonne qu'on le fasse a l'instant sortir de prison ; Dieu le ch&tiera pour le sang qu'il a versé.
Pll^MClE.
Vivez, vivei mille années, noble et digne sauveur de l'Egypte I
Litt-DO et Pliéoicie torleol JOSEPH.
C'est ainsi qu'ont fait les enfants de Jacob! Entre PUTIPUAR.
PUTIPHAR
Voici que les Hébreux sont en prison.
JOSEPH
lîaDS trois jours vous les rendrez à la liberté.
PUTIPHVn.
Comtnenl avez-vous su leurs mauvais desseins 1
J'en ai eu l'avis par un certain Joscpb qui est ne dans leur pays, t qui est maintenant en Egypte.
PUTIPQAH.
Vous le connaissez donc )
JOSEPH
Fore i)Ien î
PL'TIPIIAR.
Et vous dites que je dois leur rendre la liberté?
JOSEPH
Dans trois jours. — Seulement écoutez. Avant qu'ils soient sortis de la ville, ne manquez pas d'arrêter l'un d'entre eux qui se nomme Siméon , et gardez-le jusqu'à ce que les autres soient de retour avec leur plus jeune frère. Vous leur donnerez du blé abondamment, et, a leur insu, vous remettrez leur argent dans leurs sacs. — Vous m'avez entendu?
putiphau.
Parfaitement.
Je ne saurais trop vous louer, capitaine; car vous servez avec zèle et dévouement celui qui vous a servi comme esclave.
Ils sorlent.
sllne in.
Lue campcgiie- Enircnl BENJAMIN et LIDA.
LIDA
Plus tu te montres insensible, plus augmente mon amour; comme si la rigueur ajoutait un nouveau charme à la beauté. —Ah! Benjamin, ou plutôt le plus beau et le [)Il gracieux des séraphins, comment donc, au printcnjps de ta jeunesse, peux-tu ne pas aimer? D'où vient que ton cœur est rebelle à l'amour? Ne vois tu pas que sur la montagne, dans les bois, dans les prairies, l'amour règne eu maître, et que tout est par lui animé? — Ils aiment, ces animaux sauvages, qui cependant n'ont point dànie; les palmiers aiment les palmiers, et les oiseaux chaiitciit en de douces chansons leurs amours, leurs désirs et leurs espérances... Toi seul, insensible à ma peine, lu ne sais pas aimer!
BK.VJABIIX.
Il est vrai, j'en conviens, Lid.?, je suis incapable d'aimer. S'il en était autrement, ma pensée serait d'accord avec la tienne, et lu n'aurais pas à m'ûtlrcsscr de tels reproches, d'autant que nalurelleincnt ta beauté me plaît... L'amour, j'imagine, est un sentiment; cest le désir de la beauté, qui descend dans l'âme en passant p.ir la vue. Si donc je ne m'emploie pas à te servir, c'est que les charmes que j'admire se sont arrêtés à mes yeux, et n'ont point pén'/ *é jusqu'à mon âme.