SCÈNE n
Dans U maison de don Jaan.
Enlrenl DON JUAN el LÉONEL.
Cela s'est passé comme je le le raconte.
LIONEL
C'est une aventure fort singulière.
Personne ne me l'a dit; moi-même je l'ai vu, et j'en ai été aiier troublé, assez honteux. Le roi a donné une chaîne d'or; le grand maître, des reliques de prix... mais l'infant est celui qui a montré le plus d'amour.
LÉONKL.
Sans doute. Le souvenir en est la preuve.
Oui , c'est ce maudit souvenir qui trouble le mien et qui fait le tourment de mon imagination.
LIONEL
Quand un amant a vu pareille chose, il doit être guéri.
Oui, si l'on peut guérir jamais du mal d'amour, si un captif peut jamais devenir libre , je suis guéri et je suis libre !.... Eélas! je ne croyais jamais sorlir d'esclavage, et je gémissais dans les tristes fers dont ''étais chargé; car celte chaîne d'or n'en était ni moins pesante ni moins dure. Mais la Merci et la Trinité > se sont réuniei pour payer ma rançon ; et grâces à elles , et grâces à Dieu, je reviens d'Alger, et me retrouve enfin en Espagne parmi des chrétiens !
LÉONEL.
Il faut espérer, monseigneur, que cette expérience vous rendra^ plus sage à l'avenir.
C'est fini pour la vie. J'ai aimé tant que j'ai cru que 1 en m'ai' mail. Mais sa trahison a tué mon amour.
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