JUL1L>EE 111, SCÈNE III
0 ciel ! qu'est-ce que ce'a signifie ? __
CHACON, avec ironie. ^
Pauvre femme! qui meurt ici entre quatre murailles, victime de son honneur, de sa vertu !
Que le ciel me soit en aide! je veux enfoncer la porte.
LÉONEL.
Modérez-vous, don Juan. Celui qui est entré, c'est l'infant san», doute, et celui qui attend là, enveloppé dans son manteau, c'est le grand maître. Éloignons-nous, vous vous perdriez. Le ciel a permis que vous vissiez par vous-même ce qui se passe, afin que vous vous rendiez aux désirs de votre famille... Épousez une femme digne de vous. Votre belle enfant en serait bien digne par sa noblesse et ses charmes, mais vous êtes témoin de ses enfantillages.
Mes amis, ce que je viens de voir achève de me détromper. Je jure de ne jamais revoir cette porte... que dis-je? de ne jamais passer par cette rue. Allons, partons !
LÉONEL.
Voilà une excellente résolution.
Tant de chagrins doivent enfin me rendre sage.
LÉONEL.
Qu'en dis-tu, Chacon?
CHACON
Il a raison. Mais, pour Dieu! qu'il ne s'adresse pas ailleurs; car si une belle aux yeux d'or se conduit ainsi, que peut-on attendre de celles qui ont des yeux ordinaires?
Ils sortent.
LE GRAND MAITRE
Viens avec moi, Arias. Nous trouverons sur les bords de la rivière un carrosse dans lequel sera une dame pour le moins aussi belle que Dorothée. Elle n'est pas tout-à-fait aussi spirituelle, mais les femmes d'esprit ne sont bonnes que pour les poètes.
Le Grand maître et don Ariai sortent.