‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 171 sur 183 · LOPE DE VEGA. T. U · texte numérisé non relu

LOPE DE VEGA. T. U

326 AlMi:il SANS SAVOIR QU.

>ç"nou\ (lu délit dont je me «nis rendu conit.ihle à \uU^ .^^.-^

LÉONARD A

A !ro'.\ égard t

r.lTRON.

Oni , niadanic, je vous S"upçoiinais d'élre noille, cl c c«i un des finq défauts les plus vilains dont on puisse soupçonner une femme. I.c premier, c'est d'ôirc sotte; ear, ma foi, une solle a beau avoir une douceur angélique , elle risque lien souvent de vous faire donner à tous les diables. I.e second, c'est déire malpropre; et quand je songe par hasard à une femtne de ce genre-là, j«» lave aussitôt mon imagination, et je vais la savonnera la rivière. Le iroisièmc, c'est d'être intéressée; et il y en a beaucoup de cette espèce. Le quatrième, c'est d'être... ce que je ne puis pas dire. Et le cinquième, c'est d'élre vieille.... ce qui vient toujoura avec le temps.

LÉON ARDA

Tu as donc cru que mon amour voulait par quelque stratagème abuser ton maître?

CITRON

Vos strala^'èmcs, madame, c'est votre jeunesse et votre bcaut(^. Lopc • dil quelque part dans ses poéme5, sonnet soixante et cinq, en parlant d'une jolie femme qui, inquiète, consultait les devins, que si l'aurore un beau malin se montrait au\ niorlels jeune, rh.irmante, les lèvres vermeilles et le» joues de lis et de ropourrait être bien sûre de se faire adorer.

J'ai vu le monde entier en petit lur ce bc-iu visage.

CITRON

On a dit ça mille fois ^. Lnissez-moi plutôt demander des nouvelles de la mule.

i lONARPA.

Telle que je suit » dou Juan, je .suis k vous.

CITHON.

Quel joli petit séraphin 'l Viens ici, Inès , et ne garde pas plu longtemps cette mante de laiïelas pour me faire désirer de voir lu face adorée. Béni soit celui qui a fait les cotillons 1 iNfts.

ie ne suis pas une dame, moi . Citron ; tu ais bien que je suis »n service comme toi.

ClTRO.f.

As-tu de l'argent?

ixis.

Pas un quarto*.

• Lope de Vcgi

* LiU^ralcmcnt : a Aioti dit le |.clil Tcluqaft. >

• Qut liikdo strchnH»'.

* Cocrue «i rllr «liMil : Pat U $ùui

JOURNEE II , SCENE lY. S21

CITROX.

Eh bien, alors, Je quoi allons-nous causer pendant que nos deux amoureux se content leurs secrets?

INÈS

De mari.igc.

CITRON

Que veux-tu dire ?

De notre mariage h tous deux.

CITRON

Non pas! car j'ai pris des leçons d'un certain mien voisin qui, à îa moindre petite querelle qu'il avait avec sa femme, la frappail ^•¥60 sa pantoufle.

INÈS

Cela ne me ferait pas peur.

CITRON

Seulement il est bon d'observer que dans sa pantoufle il y avait

INÈS

Alors je n'en suis plus.

CITROX.

Je devais t'en avertir.

Entrent DON LOUIS, L ALCAYDE, LE GREFFIER et DIONIS. LÉONARDA.

Qui va là?

Couvrez-vous vite de votre mante.

CITRON

C'est don Louis.

LN'às.

Que peut-il vouloir?

DON LOUIS

Bonne nouvelle, seigneur don Juan; et je vous en demande mon étrenne.

Malheureusement je ne puis vous offrir que mes remerctments.

DON LOUIS

C'est assez pour moi. {Apercevant Léonarda et Inès.) Eh quoi! des dames ici ?

DON JOaN.

Oui, seigneur.

DON lOUIS.

Ne peut-on pas les voir?

Ud moment, je vous prie; c'est quelque chose de sérieux.

n9i} AIMER SANS SAVOJR QUI.

cmio.N.

C'est bon ù dire pour vous, mais pas pour mol,

DON 1.0 LIS

Elle a de beaux yeux?

Je n'ai pas encore eu le bonheur de les voir.

CITKON.

Moi, j'ai vu ceux d'Inès.

DON LOUIS, à Léonarda.

Puisque je vous trouve ici, madame, c'est à vous que je demande monélrcnne pour la mise en liberté de don Juan. {Léonarda eleitd vers lui la main, et, sans dire un mot, lui donne une bogue.) Que me donnez-vous là?... une bague, bon Dieu!... une bague avec un diamant 1 — VAi bien, je raccep.,e, lout en étant fâché d'un silence si pou bienveillant.

L^narila et Inès&oricDU DON JUAN.

Vous les connaissez sans doute?

DON LOUIS

Elle» n'ont pas été fort gracieuses pour moi.

Quant à moi, je n'ai pas à me plaindre. Je veux périr de maie mort si jusqu'à ce jour je les ai vues et si je sais leur nom.

DON LOUIS

Je vous crois. Mais venez, nous dînerons ensemble, puisque enfin vous voila libre-

Moins que jamais, seigneur; car me voilà votre esclave pour la vie.

DON LOUIS

Kl moi votre ami dévoué. [Au Greffier.) Donnez à l'alcayde le

mandat de sortie.

LEGREFFIEa.

J'attendais le cadeau d'usage.

y.« voilà. — Et pour l'alcayde, voilà une chaîne

l'alcatdb.

Vous enchaînez à jamais l'homme qui vous a gardé prisonnier.

U n'y a pas de chaînes plus fortes que les chaînes d'or.

DON JUAN, bas, à Citron.

Eh bien, qu*en dis-tu ? Maintenant que j'ai vu, puis-je aimer?

ciTUON, de mêtiie, à don Juan.

Maintenant, oui; mais avant d'avoir vu, c'était une folie

JOURNEE TROISIEME

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