PE OE. VECA. T. II
38 LIIÀMEÇON DE PIIÉMCK.
les suites de celle querelle insensée. Quelques jours après, mes paroiits et mes amis s'étant interposés, obtinrent, pour éviter un juir':inonl f&cheux, qu'on me laisserait quitter le pays ; et ils m'ont envoyé ici muni des meilleures recommandations pour le duc de Feria, vice-roi de ces lies. Je vis depuis lors à Palerme, el le temps et l'absence, qui changent tout, ont fait que j'ai oublié Dinarda et que je me suis épris de Phénice. Et aujourd'hui j'ai vu chez celle-ci cet Espagnol qui est la femme que j'ai aimée, ou qui est son vivant portrait. Voilà mon histoire.
CAUILO.
N'avancez pas, les voici qui viennent.
Entrent PHÉNICE, DINARDA. BERNARDO e FABIO. PHÉNICE, à Dinarda.
Comment! vous ne voulez pas que je m'afflige de tos mépris?
DINAQDA.
Non, par Dieu! je prétends, au contraire, que tous me sachiez bon gré de la loyauté avec laquelle je me conduis à l'égard du capitaine.
rilÉMCE.
Hélas ! TOUS me punissez bien cruellement de la rigueur que j'ai montrée à bien des hommes; mais songez que je croirai que c'e.<i plutôt crainte de votre part que loyauté.
DINARDA.
N'est-ce pas lui qui m'a conduit chez vous? et puis-je me rendu coupable d'une aussi noire trahison? — Ah ! si je vous eusse connu» par moi même, ôDicu! quel serait mon bonheur! comme je vou.s couvrirais de caresses! comme je vous parlerais d'amour I... Ma fortune ne l'a pas voulu. 11 faut que je vous adore et que je m'abstienne de TOUS le dire. Hélas! je suis comme Tantale, placé prés d'une source où je brûle d'étancher ma soif, et il ne m'est pas permis d'y toucher. C'est pourquoi je n'ai plus qu'à mourir.
riIltMCK.
Enfant que vous êtes ! ne pourriez-vous pas être en secret l'amant d'une femme qui vous aime?
DINARDA.
Ne me l'ordonnez pas, madame. J'ai des sentiments trop élevés peur cela. C'est le capitaine Osorio qui m'a conduit chez tous» et je lui ai mille obligations, je lui dois de l'argent.
rnéNicE.
Je me charge de payer vos délies.
CAMILO.
Je crois en effet que c'est une femme.
ALBANO
Certainement.