ACTE H, SCENE II
CAMiLO, àAlbano.
Allons-nous-en , mon cher ; je vois qu'ils vous soupçonnent de '^Ique vilaine intention.
Qu'y a-t-il donc de louche à ma question?
CAMILO.
Croyez- moi, rétif ons-nous.
ALBANO
J'y perdrai l'esprit.
CAMILO.
Vous parlerez plus tard à Phénice. Personne ne vous dira mieux qu'elle si ce galant est un homn:e ou une femme.
Albano et Camilo «orient.
PABIO.
Je mourrais de rire, s'ils étaient plus éloignés.
BEUNARDO.
Pas moi.
FAIUO.
Pourquoi?
BERXARDO.
Leurs demandes m'ont inspiré un soupçon bizarre.
FABIO
Lequel donc?
BER.NARDO
C'est que notre ami Diisardo est une femme.
FABIO
Eh bien î ma foi , liens , il me semble de même , quoique je ne me sois jamais enhardi à tenter de le savoir.... S'il en était ainsi pourtant, Phénice n'en serait pas amoureuse.
BERXARDO.
Il est vrai; mais d'un autre côté le dédain avec lequel il la traite me confirme dans cette opinion.
FABIO
Alors ce n'est qu'une déférence hypocrite que celle qu'il montre pour ce capitaine.
BKRNARDO.
Tout est feint, selon moi, dans cette affaire , et leur conduite tiendrait à des motifs que nous ignorons.
FABIO
A partir d'aujourd'hui j'entreprends de savoir s'il est récUement une femme.
BERNA RDO.
Et moi aussi, vive Dieu !
FABIO
Eh bien! à nous deux nous verrons.
43 L'HAMKÇON DK rHK.MCE.
piié.MCE, à D inarda.
Enfin, don Juan, vous éles décidé à ne pas récompenser ma tendresse 7
DINAUDA.
Par pitié, Phénice, puisque je vous ai dévoilé mon cœur, ne m'éprouvez pas davantage. Mais faites une chose : obtenez soui quelque prétexte que le capitaine s'éloigne de Palerme, — vous y réussirez facilement, — et pendant son absence, je vous prometi de correspondre à votre amour.
PHÉNICB.
Je m'en rapporte à vous , mon cher bien , et j'accepte votre parole.
Entre CÉLIA.
ctuk, bas, à Phénice.
Voici Lucindo qui vient.
PIIÉNICB.
De qui me parles-ta là?
CÉLIA.
Du marchand de Valence.
PUéMCB.
Délogeons. {A Dinarda,) Permctiei, à mes yeux! que je prenne
congé de vous.
DI.NARDA.
Adieu , ma déesse.
Phciiicoel CcJia sortent.
DINARDA.
Poussée par une folle pensée , j'ai rompu les lient de la honte et de l'honneur, j'ai accouru de Séville en ce pays étranger. L'amour est à la fois mon excuse et ma condamnation. Mais, hélas 1 que me sert d'avoir franchi la dislance qui me séparait de l'objet aimé, si , en le retrouvant, je ne le vois que pour en concevoir mille soupçons jaloux? Une nouvelle pensée l'occupe, il en aime une autre, et il faut que je cesse de l'aimer. Assez, assez, homme perfide et parjure 1 Tout est fini désormais entre nous! Le dë»abusement né de la trahison a, comme une herbe bienfai»ante» guéri les blessures de l'amour '•
Enirtnl LUCINDO cl TRISTAN. LLCINDO.
Il parait que Cdia ne lui aurait pas rendu mon message*
XniSTAN.
C'est que Phénice, je porise, a plusieurs hôtes chez elle.
LUCINDO.
Cette maison ressemble au cheval de Troie; elle est toujourt remplie d'hommes d armes.
' Dat5 rongiii.-il ce monologue forme un souncl.