ACTE il, SCh.Nl-: m
LE CAPITAINE
C'est bon. Alors je vous dirai que j'ai en bas des camarades (\ne j'amène pour qu'ils passent ici raprcs-dînéc. Vous trouverez du profit avec eux.
PIIÉNICE.
Eh bien! qu'ils entrent. Recommandés par vous, ils seront ies bienvenus.
LE CAPITALNE se met à la fenêtre.
Holà! ho! les amis! arrivez donc! — (,A Pkénice.) Ce sont dé bons gaillards , vous verrez.
Entrent CAMPUZAXO, TREHINO cl OROZCO.
CAMI'UZANO.
Je vous baise les mains , ma charmante.
TREBINO.
Et moi aussi.
OROZCO.
Et moi de même.
PHÉ.MCE , à part.
Voilà bien de vrais Espagnols.
LE CAPITAINE
Entre CELIA.
Eh bien , Célia ?
PIIÉN
ICE , bas, à Célia.
Il est en sûreté.
CÉIIA.
Où l'as-lu mis?
PHÉMCE.
CÉIIA.
A quarante piods sous terre.
PIIÉNICE.
C'est bien. — Donne des sièges!
CÉLIA.
Qu'est-ce que c'est que ces gens-là?
PHÉMCE.
Des militaires, des Espagnols; et qui dit militaire espagnol, dit : Chapeau à plumes, habit galonné, tapage, insolence, impertinence, rodomontade et fanfaronnade.
TRBBINO.
J'ai toujours beaucoup aimé les religieuses de l'ordre de Saint- François *.
oiiozoo.
Il est dommage que l'on glisse quelquefois sur l'eau qui a servi
pour la vaisselle.
*Sitmpre m» agradan estas Francisquinas.
62 L'IIASIEÇON DK PHKNICE.
TI\F.BINO.
Vous 6te8 poClc, puisque vous parlez par images.
onozco.
Je ne le suis plus à présent; mais il est vrai que je l'olais en Espagne.
CAMPDÏANO.
Étiez-Tous de ceux qui Invoquent la muse cultivée, et qui dis(il« lent leurs vers à l'alambic '?
OROZCO.
Non pas; j'étais tout bonnement un imitateur de I.aso et de Manrique ^
LE CAPITAINE
Allons, messeigneurs , jouons.
CAUPUZANO.
Qu'on apporte des dés I
TI\EDWNO.
Les dés !
LK CAPiTAiNK, à Phéfiice.
Si les Espagnols s'habituent à venir jouer chez vous, vous auri i des journées qui vous vaudront cent ducats et môme deux cents.
On Kciiyer cl deux Domestiques «pporienl une table i jeu. te Capitaine, Campnto Trf biùo Cl Oi ozco s'asseyent autour de la t^Me et commeoccut à jouer. L'Êcu ver %on.
Entre THISTAN.
laisTAN , à Phénice.
Puis-je vous pnrler?
PlltMCE.
Que voulez-vous?
TIIISTAN.
Mon maître est à la porte.
PIIKMCE.
Que désire-t il ?
THISTAN.
Vous êtes singulières, mesd.imcs ! il vient dîner, par Dieu l oe i l'avez-vous pas invité? <■
PIléNICE. I
Moi! j
TRISTW. \
Vouf ne vous en souvenez plus? j
piié.MCB. :
Est co qu'il est l'heure? j
TniSTAX. 3
Comment! une heure vient de sonner. ' j
PHIÎMCK. \
Unc heure! cela n'est pas fiossiblo. li
Ln|>e ne Ui»so gnèrc échapper l'occasion de Uncer une épigramoM ecnli* Ctryura i|
cl !»•« CuUi$Ut. ^
« Carcil3*o de la Vega ou, faroilièremenl, I.aw), est un des grands poètes espagnols d« n
seisième siècle. Jorge Sianriqiic est un poèie disiingiië de la mémo (fpoque. î
ACTL: II, SCl'.NE 111. 53
TIUSTAN.
C est bien, sur ma vie, mainten.int que vous avez ce chat! Et cependant, quand les chats arrivent, d'ordinaire, c'est qu'il est Iheure de dîner.
TRÏÏBINO.
Cinq et trois font huit, et cinq tont trçizc!
CAMI'UZA.NO.
Je propose !
TREBINO.
Je fais tout !
CAMPUZANO
je t<rpe et je tiens !
TIUSTAN.
Bloi je ne tope pas.
CAMPUZAKO.
Neuf! et dix ! et treize!
LE CAPITAINE
Bien joué.
CAMPUZAXO.
Et le courant!
TRISTAN
Si le chat courait encore, on ne l'attraperait pas de nouveau.
PHÉNICE
Diees à votre maître, Tristan, que ces militaires, ces honorable» gentilshommes sont venus chez moi à mon insu et à mon grand chajjTin; que je le prie de m'cxcuscr et de venir me voir ce soir.
TRISTAN
V.u attendant nous n'avons rien à la maison pour dîner, et l'heure le passe.
riiK.Mc.r..
Dieu y pourvoira.
TRISTAN
Nous n'habitons pas un couvent pour que Dieu y pourvoie.
PUÉNICE.
Adieu, Tristan.
TRISTAN
0 jeunesse inconsidérée !
piiÉNicr.
Vous m'avez entendue ?
TRISTAN
Ma foi! non.
PIIKNICI:.
Ditiif'lui au'il vienne ce soir faire la collation, et que je le ré^a- \\'Tai ae mon mieux.
TRISTAN
'e lui conseillerai plulôt de se purger. Oh , s'il m'avait nru I
^* LllAMKÇON Dt l'IIt.NÎŒ.
PIlé.MCE.
Mesurez un peu vos discours, mon nmi ; il y a ici un démon.
TIUST.XN.
Pauvre jeune homme ! dans quels filcls il est tombé!... H liii a donné un chat, et elle se conduit en vrai maiou '.
Il - n.
TREBING.
Je ne joue plus.
PIléxiCK.
Qui a gagné, pour que je lui fasse mon compliment?
CAMPL'ZANO.
C'est moi, ma belle; votre maison m'a porté bonheur. {À CéliM.) Voici l'élrcnne, ma charmante.
Cl- LIA.
Grand merci, seigneur cavalier.
LK CAriTAl.VB.
Avez-vous ici de quoi manger?
PUÉNICB.
Nous le trouverons bien.
LE CAPITAINB.
Holà, valets!
PuëNics.
Jls sont là tous les deux.
Les Domosti^uci l'approcbtit.
LE CAPITAINE
Que Ck)smillo et Peralta aillent nous chercher quatre chaponf, six perdrix et trois lièvres.
CAMPUZANO
Et du vin ?
LR CAPITAINB.
Quatre outres '.
C\MPUIANO.
Et du fruit ?
LE CAPITAINB.
Des poires et des melons.
PiiéMCE, atije Domestiques, Vous avez entendu? Allez.
Lctdciiz Domcsliqun «orUak LR CAriTAI.NE.
Vous ne connaissez pas, mes amis, l'appartement de Phénicef
onozco.
A en juger par celte pièce, il doit être curieux.
LE CAPITAINE
Venez , que je vous montre son salon et sa chambre à coucher.
' Il y a ici un Jeu de mots intradaitible sur g^taw, qui tigoifie en nsénc lempa nuttom tl $$croquerie.
» Quatre pellqos.