‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 37 sur 183 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Une rue.

Entrent LUCINDO et TRISTAN.

LUCIXDO.

Je serais tenté de te percer le cœur de ce poignard.

TRISTAX.

Ce n'est pas ma faute, seigneur. Que pouvais-je répondre detant quatre soldats armés de pied en cap?

LUCINDO.

Annés, dis-tu?

TRISTAN

Et comme il faut. Ils avaient plus de fer sur le corps qu'il n y en a à la grille d'un parloir de nonnes. Mais avancez vous-même, appelez et interrogez. Peut-être que le chat vous répondra du grenier.

LUCINDO.

Je me sens mourir. Ah! femme , je commence à soupçonner n'c tu m'as trompé.

TRISTAN

Ceci n'est pas une tromperie, mon cher mattre, c'est une franche scélératesse.

LUCINDO , frappant.

Holà ! ouvrez I

CÉLIA parait à la Tenêtre.

céLlA.

Eh bien ! qu'y a-t-il de nouveau ?

LUCINDO.

Célia ou enfer, que signifie la conduite de ta maîtresse ?

' Il est possible qu'il exislÂl à Palerme nne hôtellerie appelée de ce nom. Mais évi- ^eioment il y a ici une plaisanterie qui porte sur la triple signification du mol ïunai r lune ; 2* argent ; 3° effet do la lune sur les fou».

50 l/ilAMKÇON DK rilKMCE.

CV\lA.\.

Oui vous trouble à ce point, mon ami?... Mol, Jésus, 'm enfer !

LUniNHO.

AppcII'-'-moi, Célin, celte boauiéilivine. San» doute mes craintes m'abusent comme elles m'ont abusé déjà bien souvent. r.ÉLU.

Klle est ù diner, cl je ne pense pas qu'elle puisse vous nirl^r i cette heure.

LUCINDO.

Elle fe moque de moi ! elle m'avait invité. PIIÉMCE parait à la fenôlre.

PHÉMCE, à Célia.

A qui donc parlcs-tu ? Qu'est ceci?

LUCl.NDO.

Ma chère vie !

PUéNICB.

Qui est-ce?

LUCIXDO.

Quoi! vous ne me reconnaissez plus?

Plié.NICE.

C'est que j'ai la vue un peu courte.

T.UCINDO.

Non pas! vous avez la vue excellente; car elle perce les murs les ..us épais, et découvre les chats enfermés dans les coffres forts. D'ailleurs vous pouvez me reconnaître à ma voix.

PlléNICR.

Ah ! c'est vous, Lucindo?... Repassez ce soir, j'ai du monde. Je n'ni pas pu les refuser. Vous m'aviez promis de m'cnvoyer de l'argent pour m'aider dans ces cruelles circonstances, et Tristan ne ma rien apporté.

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