ACTE III, SCÈNE I
CIÉIIA.
Vous me croyez donc bien libre?
BERNA R DO
C'est une marque d'estime
FABIO
Un témoignage de respect.
CÉLIA.
Vous me prouvez votre estime d'une façon bien peu respectueuse.
BERNARDO
AhlCélial
FADIO.
Célia !
Entronl ALBANO et CAIUILO.
ALBANO
C'est ici que Phénice est entrée.
CAMirO.
Eh bien ! c'est ici que demeure le capitaine Osorio, camarade de ce don Juan.
ALBANO
Voici ses pages.
CAMILO.
Et voilà Célia.
ALBANO
Comment 1 vous , Célia , dans cette maison ?
CÉLIA.
Cela vous paratt-il donc un miracle pour en être si fort étonné?
ALBANO
Je viens de laisser le capitaine aux environs de cette rue, et je suis surpris de vous voir chez lui.
CÉLIA.
11 n'y a pas là de quoi vous scandaliser, seigneur Albano. Le capitaine est habitué à nos façons d'agir. Les femmes de l'humeur de ma maîtresse aiment assez par moments les nouveautés.
ALBANO
Quel est donc ce militaire qui demeure ici ?
CÉLIA.
C'est la beauté, la giàce cl la gentillesse mômes; c'est la perle la plus précieuse qui ait jamais passé d'Espagne en Iialie; c'est Mn autre Adonis dont ma maîtresse voudrait ôlrc la Venus; en un mot, c'est l'incomparable don Juan de Lara. CAMILO, à Albano.
Qu'en dites-vous? Don Juan de Lara est-il , à celle heure encore, ane femme?
AI.RANO.
Attends un moment, Célia, écoute au nom du ciel! Est-ce que IMiiîuice est avec don Juan ?
G^LIA
Qu'importe la jalousie ducapitainc? Phdnicc ne l'a jamais aimé, taudis qu'elle ralTole de don Juan.
ALBANO
Quoit tu dis que don Juan et Phénice se parlaient 1 tu les at vus télé à tète ?
CÉLIA.
Certainement je dis que je les ai vus, et vous pouvez let TOir vous-même.
ALBANO
Que le ciel me protège !
CAMII.O
Allons, Albano, il n'y a plus à en douter. Abandonnez une folle pensée. Don Juan n'est pas ni ne peut être la maîtresse qwe vous cherchez.
ALBANO
Vous avez raison. Ce serait une obstination ridicule. Je luif désormais complètement désabusé.
Avcz-vous à ro'ordonner quelque chose, seigneur Albaco ?
ALBAXO.
Dieu te garde.
piiéNiCB, du dehors.
lIoU , Célia !
DiNARDA , de même.
Holà , met pages l
CÉLIA.
!t!a maîtresse m'appelle.
BERNARDO
Kt nous, don Juan.
FABIO
'jélia, tu seras à moi aujourd'hui.
BKH.>ARD0.
>'an , à tous les deux.
CÉLIA.
C/iicls petits drôles!
KABio, à Dcrnardo.
Nous ne nous brouillerons pas pour cela, n'cst-il pas Trai?
BRRNAnnO.
Ma foi non ! Deux moulons pouveiil bien brouter en paix d.-ins la m^nic jirairic.