ACTE m. SCiLNli 11. C
CAMILO.
Je ne regrette pas cette démarche, puisque, par elle, vous avez été convaincu que ce cavalier est réellement un homme.
ALBANO
Mon erreur m'aura du moins été utile, Camilo. Ce vivant portrait de Dinarda a bouleversé mon âme à tel point qu'il y a effacé pour jamais !".mage de Phénice.
CAMILO.
De môme que le soleil naissant dissipe les ombres de la nuit, de même une passion insensée s'évanouit aux premières clartés d'un véritable amour. Remerciez le ciel, mon ami, qui vous a sauvé des plus grands périls. Je redoutais pour vous cette Phénice, qui est de toutes les femmes la plus perfide et la plus fausse.
ALBAXO.
Oui, je me félicite d'avoir échappé à ses filets.
CAMILO.
J'aperçois par la fenêtre des étrangers.
ALBANO
Ce sont des Espagnols.
CAMILO.
J'ai idée, à leur costume, qu'ils ne font que de débarquer.
ALBANO
En effet , je les ai vus ce matin qui emmagasinaient leurs mardiandises.
CAUILO.
Sortons d'ici.
Camilo et Albaoo sorleol.
SCÈ^K H.
Une rue.
Entrent LUCINDO, TRISTAN, DON FÉLIX et DONATO.
DON FHLIX.
L'amitié que j'ai conçue pour vous durant ce long voyage, la confiance que m'ont inspirée et la justesse de votre esprit et la noblesse de votre cœur, — tout cela , Lucindo , ne permet pas que je vous quitte si promptcmcnt, ni que je vous laisse ignorer le secret le plus cher de tii.i vie. Il est temps que je vous dévoile ce que j'ai fj.clié si soigneusement à tous les yeux durant la traversée; il est temps que je vous révèle le trouble de mon âme. — lletire-toi, Donalo.
LUChM»0.
Eloigne-toi, Tristan.
nO.N FIÎMX.
Les lois du monde, Lucindo, ce» lois capricieuses et insensées ont pesé sur moi de bonne heure et llélri po '.r j.imîiismon eiistence.
66 L'HAMIÇO.N DE PllKMCi;.
Onm'a demandé plusieurs fois dans le vaissc:u <)ucl omit le moUf
qui m'amenail en ce pays, et je n'ai pas répondu aux qucslions
qu'une vaine curiosité m'adressait à cet égard. A vous, je vou«
dirai ce qui me conduit en Sicile : je viens ici pour y tuer un
homme.
LUriNDO.
Je vous remercie, don Félix, de celle preuve «l'estime que \ou5 vou!c2 bien m'aecorder. Il est généreux à vous de ne m'avoir pas dédaigné n cause de ma naissance ou de mon étal, lorsque vous ^tes, vous, un gentilhomme sévillan, et moi simplement un marchand de Valence. Combien je suis (latte et honoré que vous me traitiez en ami !
DON Feux,
Je ne pouvais vous traiter d'une autre façon, puisque je vous ai donné mon cœur, et croyez bien que je ne le donne pas légèrement.