DON FI'UX
Quelle imprudence!
LUCINDO.
Vous avez bien raison. Dès qu'elle eut son butin elle s'éloigna de moi loul-à-coup, et c'est en vain <}uc j'ai passé plusieurs jours et plusieurs nuits devant sa fenêtre et à sa porte. Je lui ai redemandé mes ducats, et elle a nié avoir rien reçu; j'ai essayé de les recouvrer, c'était vouloir retirer une bague de la mer. Voyant à la fin que je n'avais rien à attendre ici d'un plus long séjour, je suis retourné à Valence, où j'ai été assez mal accueilli par ma famille; et j'en reviens à celle heure avec l'espoir de me venger. Je vous avouerai donc que les marchandises que j'ai fait enregistrer à la douane en débarquant n'existent pas en réalité; que loin de valoir trente mille ducats ainsi que je l'ai déclaré, elles valent à peine cent écus; et que c'est un appât que je présente à ce loup affamé.
DON FÉLIX
Plut à Dieu que mon malheur ne fût pas plus grand que le vôtre, que je n'eusse perdu que de l'argent!
LUCINDO.
Serait-il question d'honneur?
DON FÉLIX
Pas de moins que cela.
LUCINDO.
C'est beaucoup, j'en conviens; mais songez aussi, je vous prie, que quand nous perdons de l'argent nous autres marchands, no^'e crédit s'en va, et avec notre crédit noire honneur.
68 l.llA.MKÇON IJE PHEMCK.
Enlrcnl PHÉNICE cl CÉLIA.
ctuk.
Vous ne voulez donc pas me conlier ce qui s'csl passé?
rilÉ.MCK.
Wcme tourmente pas, Célia. Je ne veux pas qu'on me le rappelle, je ne veux pas qu'on nomme devant moi ce don Juan. Quiconque lui ouvrira ma porte ne la retrouvera plus ouverte une autre foit. cÉiiA, effrayée.
Jésus! Jésus! voilà Lucindo ot Tristan!
rn EXIGE.
Dieu me protège! est-ce qu'il n'était pas parti?
CÉLIA.
Il sera sans doute revenu.
PIIÉMCE.
Pourquoi peut-il être revenu?
CÉLIA.
Il vient probablement pour son commerce; il doit vous avoir oubliée.
PIIÉMCE.
Les hommes, Célia, sache-le, n'oublient jamais là où \\s ont < i maltraités; il est, au contraire, dans leur honneur de s'obstiner quand on les dédaigne. Si je n'ciais pas aussi irritée contre don Juan, je parlerais à ce pauvre jeune homme.
CÉLIA.
Mais, encore, qu'avez-vous donc contre lui ?
rilKMCE.
Tais-toi, finissons. ( A part. ) Que pensera le capitaine ? El en outre il m'a priée de dire qu'il avait eu mes faveurs.
CÉLIA.
l/uD et l'autre vous regardent.
LUCINDO.
Ah ! don Félix , voilà celle qui cause ma colère.
rilÉ.MCB.
Il faut absolument que je lui parle. ( Elle s'approche de ï.ucindo. ) Me reconnaissez-vous, seigneur Lucindo? (Jue liscz-voua dans mes yeux ?
LL'cixno.
J'y lis — liiconstance, légèreté et trahison •.
rnÉMCE Ceux qui sont les bien-venus dans un pays ont coutuma d'em« brasser leurs anciens amis qu'ils y rencontrent.
' Encoro Ici oae grd^i ioU'aduisil-lo. Ello jiorip iiir \c AoahU- toni du mol nina, qui vsf^Jtv PII espagnol la prunell» d$ l'ail el une/run* filU. Litipralcmenl : « Que lisez* TOii» Uani inci }cui ? — Je dit qu'il y a des rillciic» d°iin<> humrur si lùiarrc, que le m<v a»,-,-!; cù «Iles donncnl le moini d'etinfrancc, c'eai apro» la |K)!4r»jioii. » A causé q«c Pbtfoir<e etl cnlroi- pu pouestion de Tar^giMii de Luou-io.