ACTE 111, SCÈJNE 11. U
PIIÉNICE.
y^e vous atcrlis seulement que l'on exige trente pour cent.
LUCl.NDO.
Quelles prétentions exorbitantes !
PllÉNlCE.
il convient que vous en passiez par là.
LUCINDO.
Cela n est pas raisonnable.
rilÉMCE.
Vous aurez un asiez grand bénéfice.
LUCINDO.
Tâchez, par vos beaux yeux, d'obtenir que l'on se contente de vingt pour cent. — Mais je ne veux pas vous tourmenter davantage à cet égard, ma chère âme, car voilà du monde. Je vous irai voir ce soir. {A Tristan.) Parle un peu à Phénice, Tristan.
PHÉNICE
Quoi! c'est vous , Tristan? Comme vous avez bonne mine, mon garçon!
TRISTAN
Que le ciel vous garde, madame !
PHÉMCE.
A cette heure que votre maître est riche, vous adoptex un langage cérémonieux.
TRISTAN
Voici pour vous, madame, une autre occasion qui n'est pas mau vaise, n'est-il pas vrai ?
FUÉNICB.
Je comprends! vous m'accusez, vous me soupçonnez!
TRISTAN
Plût à Dieu que ce ne fût qu'un simple soupçon!... — Maudite soit la persistance avec laquelle mon maître s'obstine à vous aimer! Faut-il, quand vous l'avez déjà trompé une fois, qu'il revienne encore comme un écervelé vers la plus perfide des femmes ?
PHÉNICE
Vous êtes trop sévère envers moi , Tristan.
TRISTAN
Je suis furieux ! — Ah ! si vous eussiez vu cette pauvre dupe sur la mer où il voulait se jeter à chaque instant pour éteindre (e feu qui le consumait ! Si vous l'aviez vu à Valence, où il ne faisait que se désoler, que pleurer et gémir jour et nuit!... J'ai failli en p^'rdrc patience.... Il ne s'est un peu consolé que lorsqu'on lui a eu coofi'i de nouvelles nia:chandises.
PHÉNICE
Eu a-t-il pour une grande valeur?
TRISTAN
Maiï oui . "'^ci.. . Pour trente mille ducats euvirvi;.
n LlIAMEÇON DE PIIÊ.MCE.
riié.vicB.
Mon intention , l'autre fois, a été de mettre sa tcndrcfie ù )e> preuve. Je lui (;ardc son argent.
TRISTAX.
Bien! bien! qu'il retourne chez vous! qu'il dépense avec vous la fortune de son porc, qui l'avait muni de si bonnes instructions / et qu'il fasse mourir ce digne vieillard de ihagrin !... Pour moi »« prévois de reste que je ne reverrai plus ma patrie. rnéxicR.
Je VDus assure, Tristan, que vous ne me connaissez pas.
TniST.W.
Si fait ! je ne connais que trop l'hnmeçon quia péché notre chat niKMcr..
Vous ne savez pas, Tristan, qti'au moment où vous êtes parti , j^ fomplais vous donner un habit du plus beau velours avec des p*;;»- «emcnls d'or.
TRISTAX.
Un habii ! à moi t vive Dieu !
l'lII<.MCR.
Oui . un habifcharmant.
riUSTAX.
En ce cas je n'ai plus rien à dire, et je vous amènerai ce galait pieds et poings liés , et vous n'y perdrez rien.
IMIKXICE.
Si vous me l'amenez, Tristan, outre l'habit , il y a cent duTii pour vous.
1 lUSTAN.
Je vous baise les mains.
iMir.Mii.: , à î.ucindo.
Adieu.
Adieu.
CKLU.
Adieu, Tristan.
TUISTAX.
Adieu, Célin
lUCixDO, à part.
Ma vengeance ne i.nucra pas à s'accomplir.
rUKNICB.
Songez, mon bien , que je vous attends.
LUCI.MlO.
Ayez soin, mon amour, que l'on m'apporte l'arpaiil.
riié.NtcK.
N'oubliez pas que c'est trente pour cent.
LUCIXDO.
Comme »ou^ voudrez.
rkcnicc et i.cla ieic;{-a(v