‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 69 sur 183 · L.1I tiat tomos juà%as, etc , cic · texte numérisé non relu

L.1I tiat tomos juà%as, etc , cic

JOURNÉE I, SCÈNK II. »7

PASr.AI.E.

C'est ce que je dis, ma chère.

Enlrenl MENGO, nAURlLDO cl l-RO.NDOSO.

FRON'DOSO

Tu y mets, Barrildo, trop d'obsliualion.

BAURILDO.

Au raoins nous avons ici qui pourra nous dire la vérité.

MENGO.

Je veux bien ; mais avant de leur parler, faisons un arrangement. C'est que si elles prononcent en ma faveur, chacun de vous me donnera ce que nous avons parié.

BAKUILDO,

J'y consens. Mais toi , à ton tour, que nous donneras-tu, si tu perds ?

MliXGO.

Je vous donnerai mon violon, qui vaut plus d'un cent de gerbes, et que moi j'estime davantage.

BAKUILDO.

Ça me va.

FKONDOSO.

Eh bien ! approchons. [À Laurencia et à Pascale.) Dieu vou» garde, belles dames!

LAURENCIA.

Comment, Frondoso, nous des dames!

FROXDOSO.

C'est pour me mettre à la mode. — Ne vois-tu pas que le bachelier on l'appelle licencié; qu'on dit du négligent qu'il est bonhomme; de l'ignorant qu'il a du sens; du fanfaron qu'il a l'air militaire; d'un chicaneur, qu'il est diligent; d'un bouffon, qu'il est agréable; d'un tapageur, qu'il est brave? Ne donne-t-on pas le nom de timide au poltron; de vaillant, au coupe-jarret, de bon enfant, à l'imbécile; de. garçon de bonne humeur, à l'extravagant? Quf dit-on d'une grande bouche? qu'elle est fraîche; de petits yeuxl qu'ils sont perçants; d'une tète chauve? qu'elle est imposante? des niaiseries? que ce sont des gentillesses; d'un grand pied? que c'est ij:i bon fondement. Je ne finirais pas de citer tous les exemples qui i:r;iutorisent à vous appeler dames,

LAURENCIA.

Kn effet, Frondoso, il paraît qu'à la ville on s'exprime ainsi par 1 olitesse. Mais, sur ma foi, j'en sais d'auucs qui parlent d'une faç.ii toute contraire. Ils disent de l'homme grave qu'il est ennuyeux ; ^(1(1 réservé, qu'il est triste; du sévère, qu'il est cruel; du sensible, qu'il est un niais. Sais-tu quel nom ils donnent à celui qui a de la constance? ignorant, m il-appris ; à celui qui est courtois? flatteur; au charitable? hypocrite; au chrétien? ambitieux. Ne trouvent-ili u. U

98 FONTOVÊJUNE.

pas que le mérile est du bonheur; la vcraciu-, de lijupudence; la palience, de la lachclé? Pour eux une honnôlc femnic esl une sotte, la plus belle esl coiilrcfaile, el pour peu que nous ayons de liant et de gaietd, il? nous trailcnl de... Mais baste! je l'en ai dit assez pour te répondre.

MK.NGO.

En vérité, tu es un démon.

BARRILDO.

Elle n*a pas la langue mal pendue.

UENGO.

Je parierais qu'à son baptême le curé lui jeta du sel à poignéet*.

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