‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 68 sur 183 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Une rue de Fonlovejune.

Enlrenl LALRIiNCIA el PASCALE.

LAURENCIA.

r.laist au ciel qu'il ne revienne jamais en ces lieux l

PASCALE

Eh bien! s'il faut te l'avouer, quand je t'ai donné cette nouvelle, j'ai cru que cela le ferait plus de peine.

LAUREXCIA.

Je te le répèle, Dieu veuille que je ne le revoie de ma vie à Eontovéjune!

PASCALE

Va, Laurencia, j'ai connu plus d'une fille qui était pour le moins aussi fîère que toi , aussi farou( he , el qui a fini par devenir maniable comme de la cire.

LAURENCIA.

Tu ne sais donc pas que je suis plus dure el plus réche qu'un vieux chêne?

PASCALE

Allons, il ne faut jamais dire: Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.

LAURENCIA.

Par le soleil! je le dirai, dût le monde entier soutenir le contraire. Pourquoi aimerais-je Fernand Gomez ? Est-ce que je puis prétendre qu'il m'épouse ?

Il est vrai que non.

LAURENCIA.

Dès lors je n'aurais à attendre que de la honte.Ne vois-tu pas toutes nos jeunes filles qui se sont fiées à lui, comme il les a délaissées ?

PASCALE

Si tu lui échappes, je regarderai cela comme un miracle.

LAURENCIA.

Miracle, scit ; tu peux le tenir pour sûr : il y a déjà un mois qu'il me poursuit, et, ma chère, il n'a rien eu. Florez, son digne agent, et ce drôle d'Ortuno, m'ont fait voir des robes, des colliers, des épingles pour la tête; ils m'ont dit du commandeur mille et mille choses qui m'ont inspiré des craintes : mais rien n'a pu m ébranler.

PASCALE

Où est-ce qu'ils t'ont parlé ?

LAURENCIA.

1 à bas, au bord du ruisseau, il y a cinq ou six jours.

l'ASCALE.

Prends garde, Laurencia ; tu me semblés bien menacéel

95 FONTOVhJUNfe.

LAURKNCIA.

Moi?

PASCALB.

Non , c'est le curé *.

Je suis une jolie poulette, c'est possible, mais je ne suis pas assez tendre pour sa révdronrc. J'aime mieux . pardine^! mettre au t'en le malin un morceau de lard aux œufs pour mon déjeuner, le tnanger avec du pain que j'ai pétri moi même, en dérobant à ma mère un verre de vin de la jarre cachetée; j'aime mieux à midi voir mon bouilli danser et frétiller au milieu des choux, en soulevant une écume harmonieuse 3, et, si je suis fatiguée et pressée par la faim, mécontenter de quelques aubergines cuites avec du lard; j'aime mieux, après un léger goûter et pendant que je prépare le souper, décrocher quelques raisins de ma vigne (que Dieu garde de gréicl); j'aime mieux manger le soir une salade avec de l'huile et du piment, et ensuite aller, contente, au lit, après avoir fait mes prières m répétant du fond du cœur : Ne nous induisez pas en tentation, que toutes ces sornettes que me content ces mauvais sujets, et toutes leurs protestations d'amour. Car enfin, sans se soutier de ce que nous deviendrons, ils ne songent qu'à se procurer une nuit de plaisir, laquelle serait suivie de dégoût le lendemain.

PASCALE

Tii as raison, Laiircncia; lorsqu'ils cessent de nous aimer, les hommes sont plus ingrats que les moineaux de nos champs. L'hiver, lorsque le froid a gelé la terre, ils descendent de leurs nids en disant au laboureur biau, biau, biau, et >iennent manger les mieltes jusque sous sa table; et puis, lorsque le printemps reparaît. eC qu'ils voient les chnmjjs reverdir, oubliant les bienfaits qu'ils ont reçus, ils revolent sur les toils en criant viau, viau , viau * I Ainsi font les hommes. Tant qu'ils nous di'sirenl. nous sommes leur vie, leur existence, leur cœur, leur Ame; mais une fois que le fossé est franchi, leurs anges se dérangent, et ils souhaitent le bonjour à leurs amours V

LAL'UF.NCIA.

Ne nous fions à pas un.

' Cname noui dirions in fraoçait : N.-., « . -; U cUtll

• L'espagnol dit yarditi pour por Dtot

• Y mas pr*eù) al mrtUo Un Vrr la taca entrt ln% coU* Uacttndo mil (•iiiiiolft

Con ctpumosa armonia, clc, elC

• DaniiVspagnol, à rendroii oO non» »*oni mi» biam, bi^u .* Il t i fie, tio {odcIc>, — el xnjudiojvdio (juif). Nou»«*on» licite tic reirotluirc ronomatopér plutôt que lef-us lUlêrnl.

• Ici rncon- il y • «ne grâe$<\'ai repoïc lur une rcwernblince de ion* que mm afOM llclic àt reproduire :

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