‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 140 sur 150 · ACTE iîî,scîrNr: vi. 2h · texte numérisé non relu

ACTE iîî,scîrNr: vi. 2h

conquérir une partie du monde alors connu, et vous, en huit mois, vous avez conquis un nouveau monde tout entier. Non, mon cher amiral, il n'y a pas un homme dans l'anliquilé que l'on puisse vous comparer; vous les surpassez Ions. Qu'il est beau, qu'il est glorieux à vous d'avoir donné un continent à l'Espagne, et à Dieu toutes ces âmes! Mais, Christophe Colomb, j'ose dire que votre nom de baptême vous prédestinait à cet exploit; car l'auteur de cette rédemption devait avoir quelque chose du Christ*. Comme le saint dont on vous a donné le nom, vous avez fait traverser les mers, — ces vastes mers qui désormais sont nôtres, — aux naturels de ce monde lointain, en les portant sur vos puissantes épaules^; et en leur faisant traverser les mers, vous les avez conduits au port du ciel... Je reçois de voire main le don immense que vous m'offrez, — ce don, le plus grand qu'un homme ait jamais offert à un roi. Je ne sais que vous donner en retour. Mais pour essayer de m'acquitter, ou plutôt pour vous lémoigner ma reconnaissance, je vous nomme duc de Bcraguas, grand amiral de la mer, et je vous donne pour armes deux châteaux et deux lions sur la mer, pour la Castille et pour Léon^

Sire, en me comblant ainsi de vos éloges et de votre libéralité, vous m'inspirez le regret que je ne puisse pas vous découvrir un autre monde pour vous montrer ma gratitude. — {Montrant l'es /h. diens.) Ces hommes, sire, ont été instruits dans noire religion, et ils désirent le baptême.

FERDINAND

C'est moi qui serai leur parrain.

COLOMB

Ils se prosternent devant vous. — J'ai beaucoup de choses, sire, à vous conter sur notre découverte.

FEUDLNAND.

11 me tarde d'être seul avec vous pour vous entendre. [A la Reine.) Cet or, madame, je vous le cède ; il est pour vous.

ISABELLE

Kt moi, .«■ire, je veux le donner à l'église de Tolède, qui aura là de quoi faire un inagnin(|uc i.-ibcrnacl«.

lEUDLNAM).

Je brûle d'entendre le récit de cet exploit héroïque. (A Colomb.) Venez, duc. A la Heine.) Kt vous, madame, venez écouler la rela lion de Colomb, la découverlc du nouveau monde.

Le r.oi, la Reine cl Colomb sortent.

Cliristophe, en latin Christumfertru.

* Allusion à la légende «le saint Cliristnphe, qui, <^lM\ à (l< meure ]>rès d'un torrent 'rai-éiuciu, le faisait |);isser aux voyai;e::rs en les pnrlant sur ses épaules.

• farce i|ue la dc'couvcrio de l'Ainëriouc iVlail laite sous les ausiMces d'Isabelle, roi àa Casinle »l de Léon.

CONZALVE.

Je suis, je l'avoue, dmervcillc de cet événement. A la bonn« keure! voilà une conquête!... et elle n'a coûté que huit mois!

DON AI.VARO.

Honneur à Gôncs î elle peut être ficre d'avoir produit tant de grands hommes, et particulièrement Colomb, le plus grand de tous. Déjà de l'Espagne, comme du haut d'une montagne élevée, on voi». les Indes-Occidentales. Déjà nous pouvons juger de ses habitant* cl^de ses richesses.

r.0\7.\I.VE.

Croyez-vous qu'il y ait assez dor pour couvrir le» avances?

no.N AI.VARO.

Certainement. On n prèle à Colomb seize mille ducats, et les lingots en valent le double.

r.OXZALVB.

El pi.is, il y a les présents.

nO.\ AI.VAKO.

Oui, des pierres du plus grand prix, des oiseaux du plui beau flamage, et surtout les nouveaii\ vassaux.

r.ONZALVE.

Yoilà qu'on sort pour le bapiômc.

nON ALVARO.

Le roi et la reine serviront de parrains.

lutrcnl des Musiciens, Ks Indiens, COLO.MB, FERDINAND, ISABELLE, el le Cortège On porlo devant Colomb une bannière avec ses armes entourée» d'une devise.

FERniXAND.

Que dites-vous, madame, de cette bannière el du blason?

ISABELLE

Tout cela est bien dû à Colomb, l'inventeur d'un nouveau monde.

FERhLNANn.

Je ferai écrire au saint-père cet événement. J'en ferai pari é$a<leittent à Gènes, noble mère d'un si glorieux fils.

ISABELLE

Que dit cette devise?

COLOUB.

Pour la Ca>tillc cl le Li'on Un nouveau monde a trouvé Colomb.

FEUniNAXD.

Elle dit bien sa gloire el la nôtre. — Allons donner le baptême à ces représentants de l'Inde, et offrir à Dieu nos prières et nos ca-urs. — C'est un beau jour pour Colomb que celui où il a étendu la doninalioudu Christ d la puissance de l'Espagne. COLOMB, fiu Public.

Ainsi linil, noble assemblée, l'histoire du nouveau monde.

nW DE LA DÉCOUVERTE DU NOUVEAU MO.^'^'Î.

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