‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 145 sur 150 · TROISIÈME CAVALIER · texte numérisé non relu

TROISIÈME CAVALIER

Que le ciel accorde au seigneur docteur mille jours comme celui-ci!

LE DOCTEUR

Vous me comblez , et je suis confus de tant de courtoisie. — Daignez vous asseoir. Doîîa Stéphanie, voici pour vous une place. — Ici, don Juan, et vous don Pédre. — Ici, noble seigneur <\on Cosmc.

DON PÈDRE

Sur ma foi! la compagnie est brillante.

Eiilrcnl L'APOTHICAIRE el SA FEWME.

DON JUAN

Il faut que ces diables d'apothicaires se fourrent partout!

DON PÈDRE

Et celui-là ne vient jamais sans sa femme, madame Purge;

DON JUAN

C'est l'usage.

LE DOCTEUR

Vous venez bien tard, seigneur Quevedo?

l'apothicaire.

J'étais fort occupé. J'avais à faire plusieurs préparationj.

LE DOCTEUR , OU Domestique.

Allons, dis que l'on commence si l'on est prêt.

LA FEMME DE L'aPOTH'CAIIIE.

L'assemblée est complète , sauf qu'il n'y a point de parterre ^.

• Calandria, calandre, espèce d'aloiiclle.

* Mol à mot : « Là où il n'y a pas de gong dehout, il n'y a lias d'assoinblefî. » Parce

a»6 L'ENLÈVI-.MKNT DHl'lLÈNr

Enlrchl M:s MUSICIKNS.

MUSICIENS, chantant.

Sur les bords de l'Arlanzc Bernard de Carpio s'avance, Le vcillaril guerrier, A franc étrier.

Il veut entrer en danse Avec les Maures de Bragance,

Et l'enragé démon Tient à la main un jambon.

Los Muciciens M rctirea*..

Entre PAEZ pour réciter le prolo^-ic '.

PAEZ

Trés-illustrc fssemblée, — un laborieux cordonnier avait Ibabilade de se lever tous les matins avant l'aurore. Or, un beev !3p\*i», comme il cherchait sa poix blai.'chc pour préparer son fil, et qu'si ■e faisait pas encore jour, il plongea, dit-on, la main dans un certain yage qui contenait des choses que je ne puis pas dire. Sentant •on erreur, il voulut aussitôt secouer la main ; mais il la secoua de •elle sorte qu'il s'envoya tout par le visage et dans la bouche. — La poix, c'est le directeur de la troupe ; le cordonnier, c'est vous; la chose en question, c'est un sol ; et si quelqu'un s'avise de parler, je prie Dieu qu'il mette la main dans le vase et cetera.

Il »e rclirr.

LES SPKCTVTKLKS. criant.

l^ comédie! la comédie!

Enlrcnl l'AEZ cl HÉLÈNE.

PAEZ

Oui, charmante Hélène, lorsque vos beaux yeux se fixent sur moi, je me sens tout ravigoté. Vous êtes ma déesse, ma reine, et je mets ■on coeur à vos pieds. C'est pour vous que j'ai quille Troie, ma fstrie; et tout le long du chemin, c'est à-dire tout le temps que Jai été sur mer, je n'ai fait que pousser des soupirs gros comme dos «laisons. J'ai un vaisseau qui m'attend ici près. Quand donc, charmante Hélène, pourrons-nous décamper?

nl^l.fexE.

Aimable PAris, jamais tentation, Dieu le sait, ne fut ausii vive ^e la mienne, cl je voudrais bien m'en aller avec toi; mais Ménél.is f»l jaloux; et puis, s'il faut te l'avouer, je crains beaucoup li mer. Ab! si Ion pouvait faire le voyage en voiture, je n'hésiterais pas vn moment.

^' l'on (<iaii «Iclioui au (lailcrrr, et qu'alors commfi aujourd'hui. U« aulcur», dans U>« •Mii|i|imciiii qui l!nis»aiont lot pi^ccii, l'adrossaicDl au parterre comme A .i ,>i**.ion li yW nnmlireusr ou la plus redouté* de l'aksoinliléc.

' Avaui la comédie k directeur iHr. Ii troupe [amtcr] délitait un prologue «avai

SCKNE r 287

paez.

Eh bien, s'il ne tient qu'à cela, je louerai une voiture, et nous essayerons d'aller ainsi.

HÉLÈNE

Avec toi j'essayerai tout ce que tu voudras; et j'espère que tu ne regretteras pas la dépense.

PAEZ

Ah vous connaissez mal les amants. Pour peu qu'ils sentent le gousset, ils mettent tout leur argent en gants parfumés.

HÉLÈNE

Que te dirai-je, ami? Je ne suis rien sans toi, et avec toi je veui être. De même que je suis où tu es, je serai toujours où tu seras. Car, vois-tu, tu es l'être de mon être : je pense comme tu penses, je pensais comme tu pensais, je penserai comme tu penseras '. C'est pourquoi je ne fais plus de difficulté, et suis prête à partir, dussent, envoyant notre escapade, bisquer Ménélas et enrager Agameranon.

PAEZ

Quoi! vous ro'iimez à ce point?

HÉLÈNE

Oui, je t'aime comn:e tout.

PAEZ

Quel bonheur pour moi, mon Hélène!

HÉLÈNE

Sais-tu, Paris? tu es mon hautbois. Et moi, que suis je à tm yeux?

PAEZ

Tu es ma cornemuse.

HÉLÈNE

Ocici!

PAEZ

As-tu vu quelquefuis sur les bords du Manç.inarez un cochon poursuivant une timide colombe? Aslu vu quelquefois un ânecoiirant après un picotin d'avoine? — Eh bien! moi, de même, je vem t'enlever de et pays-ci avec la même célérité; et c'est en vain qu« tu crieras comme jadis Lucrèce à Grenade.

HÉLÈNE

Moi, crier?

PAEZ

Pourquoi pas?

HÉLÈNE

T*as si sotte!

On cnlnnd ua Lruil de ttinliotir.

Eiiire OVIEDO, en mililaire.

OVIEPO.

Ou'iltcndez-vous, illustre capitaine? la mer est calme.

Duus l'original, (oui ce patsago esl une parodie Z peu près \Dti idiuaihle du. langage tt cultiites, mauvais écrivain! alors i la mode.

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