I.E KOI
Madame, les pierres elles-mêmes seraient émues de vos chagrin», et je n'y suis pas insensible. — Mais, dites-moi, Cclia ; si, malgré l'infanl, je rendais la liberté au comte, cette preuve d'amitié ne mériterait-elle pas une récompense?
LA DUCHESSE
Que vous dirai-je, sire?... ma reconnaissance égalera le bienfait... Si vous délivrez le comte, rien ne m'arrêtera.
LE KOI.
Est-il bien vrai?
Oui, sire.
LA DUCHESSE
LE ROI. à part.
Il est inutile de m'expliquer plus clairement; elle m'a compris. {A Rufino.) Va, mon ami, va promptement au château; et avani que le prince apprenne ce qui se passe, quelque opposition qu^ tu y trouves, délivre le comte et nous l'amène aussitôt a la duchesse et a moi.
RUFINO.
Le prince ne sera pas content; mais mon premier devoir est de
vous obéir.
LE ROI
Va, mon ami, que je te doive ce bonheur.
RUFINO.
Je cours au chAteau.
BuBno tort.
LI ROI
Au moins, Celia, ma chère lillc, je compte sur votre promesse.
LA DUCIiESSB
Vous m'avei, sire, imposé des obligations éternelles et sans bornes Dès ce moment vous pouvez me commander comme à une esclave que vous auriez achetée.
LE ROI
Quel langage, Celia ! Vous, mon esclave ! Non, c'e»t mof scuf qui suis le vôtre et qui mets à vos pieds mon empire avec mes va*»»* ; car il est bien juste que celle qui règne souvcrai/icmcnc sui rc cœur d'un roi règne aussi sur son royaume.
JOURNÉK H. SCÈNE III. 49
Je n'ai pas d'aussi hautes prétentions.
LE ROI
Vous tiendrez votre parole?
LA DUCHESSE
Oui, sire, dès que vous aurez délivré le comte.
LE ROI
Il sera ici dans un instant, et alors... {A part.) J'enteudf des pas... C'est luil
Entre RCFINO.
RonNO.
Hélas!
LE ROI
Qu'as-tu donc?
RUFINO.
Ahl sirel
LE ROI
Pourquoi Tîens-tu seul ?
RUFINO.
On n'a jamais vu une pareille cruauté en un pays chrétien, en ïspagne! 0 prince féroce, qui commets des atrocités dignes des Scythes inhumains et des barbaies!
LB ROI
Qu'y a-t-il donc enfin ?
On peut ajouter foi désormais aux cruautés des Domitien et 4m Néron. — Le prince a tué le comte.
LE ROI
Que dis-tu là, mon ami!
RUFINO.
Que l'on a donné la mort au comte.