L INFANT
AlioDs l'interroger. 11 pourra peut-être m'instruire de Véia\ de mes niïaircs.
JOLUrsËE m, SC£KE I. .^6
LE COMTE, à part^ j'entends du bruit de ce côté comme si l'on écartait les branches et les feuilles des arbre.». — Ah! fâcheuse rencontre! c'est l'infant. l'infant.
Dieu (e garde, bon laboureur!
LE COMTE
Soyez les bienvenus, braves gens! — Vous scriez-YOus par h.isarJ trompes de route? ou bien auriez-vous quelque chose à faire au moulin?
l'lnfant.
Nous n'avons pas le projet de moudre.
le comte.
Mais vous avez l'air moulus^.
l'infant.
Tu as raison , l'ami. On se fatigue à la fin quand on marche jour Cl nuit' sans prendre de repos. 11 n'y a qu'un moulin qui puifSiî •lier toujours sans se fatiguer.
Je suis de votre avis.
Regarde-moi bien.
LE COMTE
Volontiers.
l'infant.
Que dis-tu?
LE COMTE
Que vous avez la mine d'un homme principal , d'un girand pecsonnage.
l'lnfant.
•è t ai vu quelque part.
LE r.OMTE.
»'4lais alors d'un autre métier qu'aujourd'hui.
l'infant.
Non pas, du môme.— Tu ne me reconnais donc pasf
LE COMTE
J'ai beaucoup de peine à vous remettre.
l'lnfant.
Celait dans la maison de la duchesse Celia.
LE COMTE
Par Dieu ! elle est not* maîtresse.
l'lnfant.
Elle est aussi la mienne.
— ^'o venimos d moler,
— Dien Biolidos imaijina
56 LK !\10ULI>'.
LE COMTB.
Quoi ! vous seriez son domestique î l'infant.
Je suis son esclave, je l'adore !
LE COMTE
Prenez f;nrdc! je ne vous conseille pas de vous adresser <i maj.inie; il pourrait vous en coûter cher.
l'infant.
Si lu savais qui je suis, lu avouerais que je la mérite.
le comte.
Je le sais... (à part) cl je vous donne à tous les diables !
l'lnfant.
Qui suis-je ?
LE COMTE
Un homme de qui elle ne se soucie guère, à tort sans doute, el à qui elle n'a témoigné que des rigueurs. Je suis presque sûr qu'elle me préfère à vous, moi qui suis couvert de farine. l'infant.
Combien y a-t-il de temps que tu n'es allé là-bas?
LE comte.
Depuis celte époque jusau'ici, monseigneur, je n'y suis allé qu'une fois.
L'lNFA>fT.
Kl lu l'as trouvée loutc resplendissante?
LK comte.
Au contraire; elle était velue de deuil des pieds à la tête, en rhonneur d'un certain comte qui est mort. l'infant.
i,e comte est plds vivant que moi.
Ce serait par trop singulier qu'il fût en m^mc temps mort et vivant.
1 "iM ^N I .
Cela est pourtant. — Mais as-tu vu, dis-moi, par hasard, si Ciic parlait avec quoiqu'un?
LE COMTE
Elle se plaignait à sa suivante d'un prince qui a tué le comte; elle l'appelait un perfide, un Iralire, un assassin. A elles deux elles l'accûbluieiit d'injures 'et de malédictions par-dessus les nues; et moi, a lout ce qu'elles disaient, pour soutenir leur voix, je répondais : Ainsi soil-ilî -Aujourd'hui que je dois aller chez elle lui porlerdc la farine, je voudrais la prier dem'apprcndre à répéter ces nouvelles lilanici, alin de sauver mon âme ; car, bien que je suis en sûreté a relie heure, cependant je ne suis pas encore rassuré'.
' Encore un j.« ilc mol» inlraihiisiblc. Il porle «ur le mol talvado, qui iignifi*' loui J W Ut» (lu <0'i cl saucé.
JOUUXKK III, SCr.NF. I. 37
l'infant, bas, à Valerio, Je renais à îa vie, mon cher Valerio.
VALEF.io, has, à l'Infant.
Comment donc?
l'infant, de même.
\\ me vient un projet , un projet charmant... Afin de parler à la duchesse, je pense à aller là-bas avec ce vilain, vêtu comme lui. VALERIO, de même.
Vous voulez vous faire meunier?
l'infant, de même.
Oui, j'entrerai avec lui chez elle, je la verrai, et lui dirai que je meurs.
VALERIO , de même.
Votre projet me sourit.
l'infant, qu Comte.
Ne férais-tu pas quelque chose pour moi, brave homme?
Si ce que vous demandez est raisonnable, je me mets ùts ce moment à votre disposition.
l'infant.
Voici au préalable ta récompense.
Il donue au Comte une chaÎLe d'cr.
LE COMTE
Est-elle Qor ?
l'infant.
De l'or le plus fin.
le comte.
Vive Diea! si je ne marche pas droit mon chemin, vous m'en donnerez une de fer^
l'infant.
Je veux aller aujourd'hui avec toi chez cette dame , déguise en meumer î
LE comte.
Cela est délicat. Vous conduire chez net' maîtresse, ce serait faire un joli métier!
l'infant.
C'est un acte de complaisance qui n'a rien de blâmable.
LE comte.
Vous arrangez cela à merveille. La charité bien entendue voudrait que j'allasse là-bas tout seul. Mais il n'importe, si vous me gardez le secret. Allez donc changer d'habits, je vous emmènerai. l'infant.
Tu obtiendras que je la voie ?
' Autre jen de mou dont b traduction est inpoMible, sur Yerro, je me troicpe, «1 kUrro, du fer
jj8 LE MOULIN.
LB COMTE
Je VOUS dis que oui.
l'infant.
Allons . Valerio , je trouverai aisément de quoi m'équiper au vi!- Inge voisin.
LK COMTE
Dépéchez-Tous. Sous ce déguisement et à la brun-î , on ne vous reconnaîtra pas.
l'infant.
Je le retrouverai ici ?
LE COMTE
Nern, mon cher seigneur, je vous suis.
N'y manque pas.
Foi de Martini E!en vrai ?
Je l'ai juré.