MI^LAMPO
Oui ; c'est auprès de ces chênes que je lui il confié mon désespoir vi qu'il m'a rendu le courage,
LAURA
Ah l le vrilà, Martin ! Qu'y a-l-il donc de nouveau, que tu m'ap pellcût
JOURKRli: m, SCENE T. 89
LE COMTE
Rien ! sinon que je lui ai avoué que je te trompais pour m amuser.
LAURA
Comment! que tu me trompais?
LE COMTE
Oui, en te disant que je t'aimais, car je t'ai toujours détestée.
LAURA
tu me détestes, moi!
Oui, et c'était pour rire que je te faisais la cour. Voilà deux ans que Melampo t'aime sans avoir rien obtenu que ta rigueur, lui dont l'amour a attendri la forêt, la campagne et le moulin. C'est lui qui témérité, et il est juste que tu le payes de retour, au lieu de tenir à un liomme qui se moque de toi. Ce qui m'a engagé à te désabuser, c'est qu'ila voulu, pour se venger de ton dédain, se pendre avec cette corde à un arbre. Sa peine m'a ému à un tel point, que je lui ai promis de ne plus parler jamais avec toi. Maintenant, Laura, je te déleste ; et, crois-moi, aime Melampo, en faveur de qui je renonce à ta tendresse.
LAURA
Hélas! je n'attendais pas moins de ma mauvaise destinée. Je ne me plaindrai pas de toi, cependant, et je ne regretterai pas un inconstant qui m'abandonne; je ne me plains que de moi qui le croyais et qui t'aimais.
LE COMTE , à Melampo.
Eh bien! qu'en dis-tu?
MELAMPO.
Je ne sais comment reconnaître cela!
LAURA
Hélas! Martm,— je ferais mieux de dire le martyr de mon âme et le marteau de mon cœur,— hélas! est-il possible que lu me ïaissesî
LE COMTE
Par Dieu! oui.
LAURA
Tu es décidé à ne plus me voir?
LB COMTE
LE GOHTB*
LAURA
Tu ne me parleras plus ?
Pas davantage.
Hélas l
LE COMTB,
Que cela ne t'afflige pas. Reporte Ion idée sur Melampo.
le Coml «orl.
LADRA
Qu'ordonncs-lu, cruel?
LE COMTE
Il le faut. Je ne puis t'écouler.
LAURA
Quoi! plus jamais? jamais?
LK COMTE
Non, foi de Martin !
LAURA
Bien vrai?