‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 52 sur 150 · II- resie, et mieux encore · texte numérisé non relu

II- resie, et mieux encore

TIIISTXN.

lenez seulement voire promes>c. Vos seigneuries peuvent s'en aller tranquilles; car Ihas-de-fer, ilrisc-murailles, Arfuz le-lion et Peur-audiablc m'attendent ici à côlé. et je ne voudrais pas qu'ils pussent concevoir le moindre soupçon, lut.vnno.

Vous avez raison, mot» cher. Vilicu.

Joun.Ma: m, scenk i. 183

Queîlc heureuse rencontre !

TRISTAN

Ce pauvre Théodore, je le regarde comme mort.

FRÉDÉRIC

gail

Le Marfiuis, Frédéric el Célio sortent.

TRISTAN

Il me faut avertir Théodore. I\Ia foi, tant pis pour les amis et pour le vin de Grèce! mais c'est le plus pressé. Justement je l'aperçois. Où donc allez-vous, monseigneur?

Entre THÉODORE.

THÉODORE

llclas! je l'ignore moi-même. Je suis dans un tel état que je ne gais plus ni ce que je fais, ni quelle force me conduit. Je suis seul, sans idées, dominé par un sentiment unique qui tantôt me dit de icver jusqu'au soleil mon regard audacieux , et tantôt retombe dans un profond découragement. Tu vis hier comment me parla la comtesse : eh bien, aujourd'hui elle est tellement changée, que l'on croirait à peine qu'elle me connaisse, et ]\larcelle jouit de nouveau de ma disgrâce.

TRISTAN

Uclournons, je vous prie, à la maisOQ. Je craindrais qu'on noui \\l ensemble en ce lieu.

THÉODORE

Et pourquoi donc?

TRISTAN

Chemin faisant je vous apprendrai qui en veut à vos jours.

On en veut à mes jours!... El qui donc?

TRISTAN

Parlez plus bas, et n'ayez pas pour. — Le marquis et le comte m'ont fait des propositions à ce sujet, et tout est convenu entre cous.

THÉODORE

Le marquis el le comte!

TRISTAN

D'après la vivacité à laquelle la comtesse se laissa aller l'autre jour avec vous, ils soupçonnent qu'elle vous aime; et me prenant pour un de ces brigands qui ne vivent que d'homicides, ils m'ont acheté votre vie pour trois cents écus, sur lesquels ils m en ont avancé cinquante en guise d'arrhes. Moi, je leur ai dit que tous m'aviez fait prier d'entrer à votre service , el «inc dos aujourd'hui j'y entrais alin de pouvo»* ^uii& ex. ciiier plus à Taise. Ainsi \uu3 De risquez rien encore.

i:H \.E CHIEN DU JAr.DlNIER.

Tiii'iononn.

Ah ! plût au ciel que quelqu'un me délivrât de celte vie 1 j« «omis trop heureux de mourir!

XniSTAN.

Ibnl je vois que vous ôles tout à fait fou.

TIlÉODOnE.

Et comment vcux-tu que je ne désire pas ce qui serait la fin de mes maux ?... Songe, Tristan , que si Diane y trouvait la moindre possibilité, elle n'hésilcrait pas un moment à me prendre pour époux; mais plus elle s'enflamme, plus elle craint de compromettre sa gloire ; plus elle m'aime, plus elle m'accable de froideur et de mépris.

Que diriez-vous si je trouvais un moyen d'arranger cela

TnéODORB.

Que tu as l'esprit Inventif d'Ulysse.

TRISTAN

Si je parvenais à vous amener chez vous un généreux et noble père qui vous rendit l'égal de la comtesse, ne seriez-vous pas hor» d'aiïairc ?

TIléODORB.

Sans doulc.

TRISTAN

J'ai ce qu'il vous faut. Il y a quelque vingt ans, le comte Ludovic envoya à Malte son (ils, nommé comme vous Théodore, mais qui , de plus, avait l'avantage d'être le neveu du grand maître. Ce jeune homme a été pris par les Mores , et depuis on n'a plus eu de ses nouvelles. Le comte Ludovic sera votre père; el vous vou» serez ion nis. C'est moi qui m'en charge.

TIléoDOHB.

Songe, Tristan, que cela peut s'engager de telle sorte, qu'il nous en coûte à tous deux l'honneur et la vie.

TRISTAN

Soyez tranquille; retournez chez vous; el demain avant midi je vous salue comte de Belflor.

Iltort TIléODORB.

J'ai bien d'autres pensées, et pour finir mes maux je ne puis employer qu'un remède efficace : l'absence. Je partirai , je m'éloignerai de la comtesse ' .

Il tort.

'Ce monologue, (|iii forme un sonnet dam l'original, e»l rempli de jeux de molf fondes sur une eiprcssion fort «siide en Espagne, poner tierra en medio, mettre delà terre cnirc soi cl une autre personne, c'est-à-dire, s'éloigner. Comme il ooui était iiBi>os- •iblc de traduire ce moiccau, uous avoDi dû l'abrëger.

JOURISEE m . SCÈNE II. 135

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