AN TON EL
Laissons là toutes ces fariboles, et buvons.
FLRIO.
Il me semble que dans cet cndroit-ci il doit y avoir du lacryma thrisli excellent, et de la délicieuse malvoisie.
TUISTAÎV.
Goûtons un peu du vin grec, d'autant que je veux apprendre l'clte langue, et qu'il n'y a pas de meilleur moyen,
RICAKDO.
Cet homme brun, au teint jaune, doit être le plus brave des trois ; voyez comme les autres lui montrent des égards.— Célio ?
CÉLIO
Monseigneur?
RICARDO
Fais-nous venir cet homme pâle qui est là parmi ces cavaliers.
CÉLIO , allant vers Tristan.
Ilolà! cavalier, avant que vous entriez dans ce saint ermitage, le marquis mon maître voudrait vous dire un mot.
TRI STAN
Camarades, voilà un grand seigneur qui me fait appeler, et comme vous sentez, je ne puis pas refuser d'aller savoir ce qu'il désire. Entrez là, et buvez quelques brocs de vin, en mangeant deux doigts de fromage, pendant que je m'informe de ce qu'il me veut.
ANTONEL.
Eh bien , tâchez de nous rejoindre au plus tôt.
Furio, Antonio cl Lirano sortent.
TRISTAN
Je vous suis. ( Au marquis.) Que désire votre seigneurie?
RICARDO
Votre air déterminé, votre bonne mine nous a engvigés, le comte Frédéric et moi, à vous appeler pour savoir si, moyennant une récompense , vous seriez homme à nous rendre service. Il s'agirait d'un homme dont nous voudrions nous défaire. TRISTAN , à part.
Vive le ciel I ce sont les prétendants de la comtesse, et il y a làdessous quelque machination. — Faisons semblant de rien.
FRÉDÉRIC
Eh bien, qu'en dites-vous?
TRISTAN
C'est que j'étais là à réfléchir si par hasard votre seigneurie voulait se moquer Chacun vit de son état .. Honneur à celui qui distribue parmi les hommes la force et le courage! Il n'y a point d'épée à Naples qui ne tremble au bruit de mon nom. Vous avez entendu parler du fameux Hector; eh bien, là où je suis qu'Hector disparaisse; car s'il l'a été à Troie, moi je le suis à Naples.
FRÉDÉRIC
C'est justement l'homme qu'il nous faut. ( A Tristan. ) Sur notre tète nous parlons sérieusement ; et si votre valeur répond à votre nom, et que vous consenliez à nous débarrasser d'un homme, nous vous donnerons pour cela ce que vous voudrez.
132 l.K CHIEN DU JAUDINIHU.
TIUSTAN.
Je me conienlerai de deux cents écus , fût-ce le diable.
niCARDO.
Eh bien, nous vous en donnerons trois cents, et que cela loil fait cette nuit.
TRISTAN
C'est bien. Maintenant, tout ce que je vous demande, c'est d'abord ie nom du personnage, et ensuite un a-compte.
RICARDO
Vous connaissez Diane, la comtesse de Bclflor?
TRI>TAN
Oui ; j'ai m6me quelques liaisons dans sa maison.
uicAuno.
Pourriez-vous bien tuer un de ses domestiques?
TRISTAN
. Domestiques, valets, suivantes, je tuerai tout ce que vous voudrez... jusqu'aux chevaux de son carrosse.
RICARDO
Eh bien , l'homme dont il faut nous défaire, c'est Théodore.
TRISTAN
Alors il faudrait s'y prendre autrement: car, d'après ce quon m'a dit. Théodore ne sort plus de nuit, et dans la crainte s.ins doute de votre ressentiment, il m'a fait prier ces jours-ci d'entrer à son service. Laissez-moi entrer chez lui, et je \ous promets de lui donner un de ces jours deux petites s.iijrnécs qui lui feront avoir un bon Requiem, sans qu'il y ait personne de compromis. — Eh bien, ça \oiis \a-t-il ?
iK^.néRic.
Il nous nnrnil eic inipo^sible de trouver dans tout Napics quelqu'un qui fit mieux et plus sûrement notre alTaire. Entrez donc à son service, et quand vous lui aurez donné, sans qu'on s'en doute, ( e (juil mérite, venez \ous réfugier chez nous.
TRISTA.N
Maintenant, mcsscigneurs, j'aurais besoin de cent écu».
niCAROO.
En voilà cinquante; pour le moment je n'ai que cela dans ma liiMir.sc. Dès que vous serez établi chez la comtesse, je vous garantis