‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 7 sur 150 · I.n MAKOUI'^ HK SANTA-CnUZ · texte numérisé non relu

I.n MAKOUI'^ HK SANTA-CnUZ

Si vous eonsiddrez, nobles seigneurs, la rner toute iyjx.,Ki,y, de vaisseaux ((ui la rendent semblable à une vaste forél; si vous considérez tous ces peuples qui se s^ont assemblés à grands frais pour cette cause sainte; si vous songoi à tout ce qu'a fait la sollicitude des puissances pour Tonner cette sainte ligue, comment pourrie/vous voir sans colère et sans lionle que de si grands préparatifs il vinssent inutiles? Si nous devions linir |iar la fuite, u'ctail-il p plus simple de rester? Pourquoi tant de bruit? Pourquoi venir ju qu'ici?... Que si l'on dit que la nécessité seule doit conseiller ui bataille, quelle situation fut jamais plus pressante que la nôlri N'entendez-vous pas diei les cris insolents des Turcs encore loi. liers d'avoir porté le fer et la llanime dans d'o|iulcntcs cités? et qi n'oseront-ils pas, s'ils voient que toutes les forces de la Chrétien i refusent le combat quand ils le leur présentent? N'est-il pas toi; jours dangereux de diminuer sa réputation? et que dcvencns-no; nous-m(^meSf si l'on peut dire de nous <|ue nous nous sommes l.iicheuienl joués de tous ceux à qui nous avions donné des promesses cl des espérances?... Pour ce qui est de la prétendue supériorité de* Turcs, je la nie : voyei pluliU ce que nous avons fait à Malte cl à Uliodes avec une poignée d'hommes. Ici nous serions presque à nombre égal; et encore les Turcs n'onl-ils que des recrues, car le siège de Nicosie a dévoré tous leurs vieux soldats. Puis, il esl raisonnable à lu guerre d'abandonner quelque chose à la fortune; il faut un peu se confier à la justice de sa cause; il faut un peu >< confier au génie, à la sagesse, au courage, à l'honneur, à la puitance de l'Espagne, de Venise et de Uomcl... Il y a plui : supposons

' André Doria avait Icrnuné sa glorieuse carrière p1u<;icurs aiinccs avant formation de la soiiilc ligue : c'est dire qu'il n'assistait pas au conseil t< i ^r don Jaan d'Autriche avant la bataille de I>ëpatitc« Nous nccliercbcrons pa ici les motifs qui ont pu déterminer Lopc à le piaccr dans sa comédie; mainous croyons devoir observer que le langage qu'il lui prèle esl tont à fait d'accord avec la conduite tenue par le célèbre aniir*l dans une circonslam analogue. Vers le milieu du sciiicme siècle, Soliman II ayant porté ses arm dans la Hongrie, Doria proposa à Charles-Quint de faire une diversion du côté de la Grèce. L'empereur lui confia celte expédition. Doria prit Coron, Patras, et ravagea toutes les rôles de la Grèce, ce qui, selon ses prévisions, lorça les Turcs d'évacuer la Hongrie.

NOTICE SUR LOPE DE VEGA. \xtf

Je le veux bien, supposons que nous soyons vaincus... Eh bien! Séliinaura-t-il pour cela anéanti la vertu de notre ligue? Ne nous reste-t-il plus de soldats en Elandre? Le roi Philippe n'a-t-il pas d'autres armées? La noble Espagne n'a-t-elle pas un autre sang qu'elle puisse oflVir à Dieu et à l'Église? Et j'en réponds, si nous étions vaincus, ce ne serait pas sars que l'ennemi eût essuyé de grandes perles ; tandis que si au contraire nous sommes vainqueurs, nous n'avons qu'à paraître, et la Grèce est à nous. De quoi nous servirait d'aller inquiéter la Morée pour y attirer l'ennemi à notre suite?... Mon avis est donc que votre altesse s'embarque au plus lot, qu'elle aille chercher l'ennemi, et que l'aynnt rencontré, elle lui livre bataille. Voilà, mon seigneur, ce que vous conseille l'héritier des Bazan ; et sur la croix de celte épée, devant laquelle je m'incline humblement comme chrétien, je jure que ce que j'ai dit, je l'ai dit sans aucune passion, sans aucune vue personnelle, et seulement pour la décharge de ma conscience.

DON JUAN d'aUTRICIIE.

Et vous, don Fernando Carrillo de Mendoza, quel est votre avis?

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