ACTE II, SCÈNE VI. a
Couronnent nos bords heureux ; Que le parfum , qui s'exhale De ces trésors du Bengale , Vers vous monte avec nos vœux.
CHOEUR
Quittez le cristal humide De vos ruisseaux toujours clairs ; Qu'en ces lieux l'amour vous guide ; A des soins qui vous sont chers Que votre faveur préside ; Descendez d'un vol rapide , Légers habitans des airs.
UNE PRÊTRESSE
Quel noir penser vous inquiète ?
Ma soeur , ce vase échappe à vos bras languissans. . .
UNE A.UTRE.
Au bruit de nos concerts votre bouche muette S'efforce , mais en vain , d'y mêler ses accens.
UNE AUTRE
Je songe à Néala ; d'une pitié nouvelle Son souvenir vient attrister mes sens.
Quel trouble s'est emparé d'elle ?
aao LE PARIA.
CHOEUR
Confiante amitié , que ton charme vainqueur Prête une voix à ses peines secrètes , Et que la paix qui règne en ces retraites ,
Confiante amitié , rentre enfin dans son cœur.
UNE PRÊTRESSE
Quand un lis virginal penche et se décolore
Par un ciel brûlant desséché , Sous l'urne qui l'arrose il peut renaître encore ; Mais quand un ver rongeur dans son sein est caché , Quel remède essayer contre un mal qu'on ignore ?
CHOEUR
Confiante amitié , que ton charme vainqueur Prête une voix à ses peines secrètes, Et que la paix qui règne en ces retraites ,
Confiante amitié , rentre enfin dans son cœur.
UNE PRÊTRESSE
Mais que vois-je ? Mina , par sa tendre éloquence ,
Zaïde , par ses soins touchans , Sans doute ont de ses maux calmé la violence.
Chères sœurs , suspendons nos chants :
Respectons ses chagrins ; elle approche , silence !