SCENE I
NÉALA, ZAIDE, MIBZA; le choeur.
tf&ALA, aux prêtresses.
Zaïde, et toi Mirza, vous qu'un vœu solennel Réunit dès l'enfance autour du même autel , Long-temps par les plaisirs permis dans ces demeures Notre tendre amitié remplit le cours des heures; Ces arbres Font vu naître, et, témoin de nos jeux, En croissant chaque jour l'ont vu croître avec eux. La fête qu'on prépare en va rompre les charmes , Et vous vous étonnez de voir couler mes larmes!
ZAÏDE
Aimable et cher objet de nos soins assidus,
Tes soupirs sont compris et te sont bien rendus;
Et si ce prompt départ te semble un coup si rude ,
Que de fois, en songeant à notre solitude,
Que de fois de nos mains les festons et les fleurs,
a*4 LE PARU.
Préparés pour ton front , tombent mouillés de pleurs !
MIRZA
Notre jeune compagne à nous quitter s'apprête;
Mais l'avenir pour elle est un long jour de fête.
L'hymen n'a point de gloire ou de rians appas,
Dont il ne prenne soin d'environner ses pas.
On l'aime, elle est heureuse, est-ce à nous de nous plaindre ?
ÏNÉALA.
Hélas !
MIRZA
Pourquoi gémir ?
ZAÏDE
Ne cherche pas à feindre ; Tu le voudrais en vain.
MIRZA
Parle , un songe imposteur Des troubles de ton âme est peut-être l'auteur.
m&ALA.
Celui par qui du ciel la volonté s'explique, Mon père , en eût levé le voile prophétique.
ZAÏDE
Entends-tu quelque dieu, que le fer a touché, Se plaindre sous l'écorce où Brama Ta caché? Quel bruit te fait pâlir ? Quelle voix inconnue Perce les marbres saints ou déchire la nue?