‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 122 sur 327 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

L'instant que mon amour doit craindre et désirer.

Voilà donc l'union où j'attachais ma vie,

Que mes ardens soupirs ont long-temps poursuivie !

Je courais la former, je me croyais heureux ;

Le plus beau de mes jours en est le plus affreux.

ALVAR

En vain sur d'autres bords j'ai cru fuir ma sentence , Entre nous l'Océan mit en vain sa distance ; Le courroux du Seignçur, pour un temps suspendu, Jusque sur mon ami s'est enfin répandu. Malheur à moi !

IDAMORE

Cruel, votre injustice ajoute À l'horreur de mon sort le remords qu'il vous coûte. Laissez-moi des chagrins que j'ai seul mérités. Combien de droits jaloux, que d'orgueils révoltés <Se vengent tôt ou tard sur celui qui s'élance Hors du rang où le ciel a caché sa naissance. Au faite des grandeurs pour tomber parvenu, S'il trompe, il doit trembler; périr, s'il est connu. Remplissons mon destin. Mais Zarès! 6 justice! De l'erreur que j'expie il n'était pas complice. On vient , c'est Néala. Ce bandeau nuptial N'est-il, pour tant d'attraits, qu'un ornement fatal?

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