‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 142 sur 327 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Conçois-tu quelle ivresse inondera mes sens , Quand nos échos chéris rediront tes accens ; Quand je verrai la mer réfléchir ton image, Et , moins beau que mon fils , ce palmier du même âge , Qui semblait loin de toi pleurer son frère absent , Se couronner de fleurs en te reconnaissant?

IDAMORE

Je cède à la pitié que son erreur m inspire. Mon père... Je ne puis , et mon courage expire.

ZARÈS

Que dis-tu ? j'ai des droits sur tes chagrins secrets. Tu n'oses dans mon sein répandre tes regrets ? Crains-tu de m'offenser si tu me les confies ? Non , pleurons-les ces biens que tu me sacrifies : Cette jeune beauté qui t'engageait sa foi , Par sa grâce modeste elle est digne de toi.

IDAMORE

Hélas!

ZARÈS

Son amour même à son sort m'intéresse, Et la voir ta compagne eût comblé mon ivresse. Pleurons-la , parlons d'elle et laissons faire au tems. Sans flatter ton orgueil par des nœuds éclatans , Ma tribu peut t'offrir une épouse aussi chère...

a 86 LE PARIA.

Tu me croiras, mon fils, au tombeau de ta mère.

IDAMORE

Ah ! que son souvenir me protège à vos pieds : Dites-moi qu'en son nom mes torts sont oubliés.

ZAR&.

Toi seul tu t'en souviens.

IDAMORE

De ce touchant langage Que vos embrassemens me soient un nouveau gage.

ZARÈS. Il l'embrasse.

Crois-les donc, si ton cœur doute de mes discours.

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