‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 147 sur 327 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

ZARÈS, qui s*eat ranimé par degré».

Se peut-il?

AKÉBJLR.

C'est elle ! Dieu puissant , Que ne prévenais-tu l'opprobre de mon sang ?

( A Néala. ;

Toi , dont le front baissé fuit mon regard sévère , Que viens-tu faire ici? que cherches-tu?

NÉALA, «'approchant de Zarés.

Mon père.

AKÉBAR.

Lui!

ZARÈS

Qu'entends- je ?

N^ALA

Oui, mon père, 11 le fut, quancfj'appris Que les jours dldamore étaient par vous proscrits. Il comprendra mes maux, notre perte est la même; Je m'exile avec lui pour pleurer ce que j'aime. Ne me soupçonnez pas de vouloir vous braver; Mais de son seul appui je viens de le priver, Je devais le lui rendre en publiant ma faute. Vous ne gémirez pas sur ce peu qu'il vous ôte. Des terrestres liens votre cœur détaché Pour moi d'un tendre soin ne fut jamais touché.

Ravi par sa ferveur au-dessus des faiblesses , Il ne pouvait descendre à souffrir mes caresses; Vous n'osiez pas m'aimer. Heureux, comblé de biens , Vos jours sont beaux sans moi 2 j adoucirai les siens. A son fils qui n'est plus je me suis immolée. Que cette ombre chérie, un instant consolée, Transmette à mon amour ses devoirs et ses droits. Le moment n'est pas loin où , réunis tous trois , Nous n'accuserons plus la mort qui nous sépare ; Je le sens!

AKÉBAR.

Eh! sais-tu quel destin te prépare Cette mort , seul refuge ouvert à votre espoir ?

NÉALA.

Hélas! je dois souffrir, mais je dois le revoir! Je vous quitte à jamais, vous qui m'avez chérie, Vous dont je fus la sœur , et toi, douce patrie !-

( Au grand-prétre. )

Adieu... j'attends l'arrêt que vous devez porter.

AKEBAJt.

O tendresse! ô devoir! qui des deux écouter?

( Après un moment de silence. )

Je dévoue à l'exil ta tête criminelle... Va, fiiis, l'humanité te rejette loin d'elle ; Fuis , j'attache à tes pas l'abandon et l'effroi ;

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