‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 148 sur 327 · ACTE V, SCÈNE VII. a · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII. a

Je te maudis... mes pleurs s'échappent malgré moi.

NÉAI.A , 4 lui*.

Il est temps de partir, la nuit vient, et pour guide,

Mon père, vous n'avez qu'une vierge timide.

On va, si uous tardons, nous chasser des saints lieux.

ZARÈS

Ma fille!

MËALA.

Levez-vous.

ZAHÈS. Il regarde un moment Neala , qu'il embrawe , puii Akébar ,

Pontife, il est des dieux!

( Il l'éloigné soutenu ptr Neala , le peuple se retira pour leur ouvrir un pauage. Alésai-, la tête appuyée sur la statue de Brama, reste plongé

Un critique, à la bienveillance et à l'urbanité duquel je me plais à rendre hommage, a cru devoir signaler, comme faute de prosodie , l'emploi que j'ai fait du mot croient dans ces deux vers :

Va , ces mortels si fiers qui nous ont rejetés , De ce bonheur en vain nous croient déshérités.

Le respect que tout écrivain doit à la langue m'eût fait un devoir de corriger ce passage, si je n'avais pour moi l'exemple de Racine , qui a dit :

Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère , Que le vent chasse devant lui.

Le mot employé dans Esther, et celui dont je me suis servi, sont tous deux monosyllabiques; ils sont formés presqu'en entier des mêmes lettres, et ils apportent à l'oreille la même terminaison masculine : si l'un est admis dans les vers, pourquoi l'autre en serait-il banni? La langue poétique en France est-elle assez riche pour se montrer dédaigneuse, ou marche -t- elle si librement qu'elle doive s'imposer à elle-même de nouvelles entraves?

Dans les vers suivans , la règle des participes a paru violée :

Notre tendre amitié remplit le cours des. heures ; Ces arbre* L'opt vu naître.

Ici le plus harmonieux et le plus correct de nos poètes vient encore à mon secours. Racine a fait dire à Néron , en parlant de Junie :

Immobile , saisi d'un long étonnement y Je l'ai laissé passer daus son appartement.

De plus , j'ai en ma faveur l'autorité de Condillac. Il établit pour règle que tout participe suivi d'un infinitif demeure invariable, quels que soient d'ailleurs le genre et le nombre du régime qui précède , et même lorsque l'infinitif est un verbe neutre. ( Voyez la Grammaire de Condillac, page 193, in-8°, 1795.)

THÉÂTRE

DE M

IMPRIMERIE DE H. FOURNIER

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THÉÂTRE

DE M

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