‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 158 sur 327 · GR AN VILLE, BELROSE · texte numérisé non relu

GR AN VILLE, BELROSE

GRANVILLE

Je te revois enfin, mon vieil ami Lebrun.

BELROSE.

Lebrun , pour un artiste , est un nom trop commun ; Je m'appelle Belrose.

Eh bien , Belrose , passe.

Te souvient-il , mon cher, qu'autrefois, dans la classe, Tu te mêlais déjà de déclamation ?

Ton instinct t'y portait.

BELROSE.

Dis ma vocation.

GRANVILLE

Te voilà donc acteur; c'est un métier fort triste.

aG LES COMEDIENS.

BELROSE.

En nous parlant, vois-tu , le mot propre est artiste.

GRANVILLE

Artiste , si tu veux ; si bien que ton appui

Peut m'impatroniser dans la troupe aujourd'hui.

BELROSE.

Tu te feras chasser avec ignominie ;

La troupe ! Eh ! d'où viens-tu ? dis donc la compagnie.

GRANVILLE

A tout propos, morbleu, veux-tu me contrôler?... Je n'ai qu'à dire un mot, mon cher, tu vas trembler.

BELROSE.

Quel est ce mot terrible ?

Ecoute, on vous menace D'un coup d'autorité dont le seul bruit vous glace.

BELROSE , étonné.

C'est vrai ! Paris vers nous détache un inspecteur , Qui doit porter dans l'ombre un œil observateur , Et, pour venger les droits de l'art en décadence, Foudroyer nos talens dans sa correspondance. Serais- tu, par hasard?...

GRANVILLE

Oui. Chut!

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