GR AN VILLE, BELROSE
GRANVILLE
Je te revois enfin, mon vieil ami Lebrun.
BELROSE.
Lebrun , pour un artiste , est un nom trop commun ; Je m'appelle Belrose.
Eh bien , Belrose , passe.
Te souvient-il , mon cher, qu'autrefois, dans la classe, Tu te mêlais déjà de déclamation ?
Ton instinct t'y portait.
BELROSE.
Dis ma vocation.
GRANVILLE
Te voilà donc acteur; c'est un métier fort triste.
aG LES COMEDIENS.
BELROSE.
En nous parlant, vois-tu , le mot propre est artiste.
GRANVILLE
Artiste , si tu veux ; si bien que ton appui
Peut m'impatroniser dans la troupe aujourd'hui.
BELROSE.
Tu te feras chasser avec ignominie ;
La troupe ! Eh ! d'où viens-tu ? dis donc la compagnie.
GRANVILLE
A tout propos, morbleu, veux-tu me contrôler?... Je n'ai qu'à dire un mot, mon cher, tu vas trembler.
BELROSE.
Quel est ce mot terrible ?
Ecoute, on vous menace D'un coup d'autorité dont le seul bruit vous glace.
BELROSE , étonné.
C'est vrai ! Paris vers nous détache un inspecteur , Qui doit porter dans l'ombre un œil observateur , Et, pour venger les droits de l'art en décadence, Foudroyer nos talens dans sa correspondance. Serais- tu, par hasard?...
GRANVILLE
Oui. Chut!